Le Conseil du culte musulman va mettre en place une "habilitation" des imams

Anouar Kbibech, à la Grande mosquée de Paris, le 27 juin 2015. 
Anouar Kbibech, à la Grande mosquée de Paris, le 27 juin 2015.  (JOEL SAGET / AFP)

Cette habilitation vise à promouvoir un islam "tolérant et ouvert" en France. Toutefois, rien n'indique à ce stade qu'elle sera obligatoire pour recruter un imam.

Onze jours après les attentats de Paris, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech, a annoncé, mardi 24 novembre, la mise en place d'une "habilitation" des imams pour promouvoir "un islam tolérant et ouvert" en France. 

Cette "certification", qui sera délivrée par le CFCM, devrait prévoir une vérification des connaissances théologiques et de l'adhésion aux valeurs républicaines et la signature d'une "charte de l'imam", en cours d'élaboration, a précisé le président de l'instance représentative des mosquées, à la sortie d'une réunion au ministère de l'Intérieur. Rien n'indique à ce stade que cette habilitation sera une obligation pour recruter un imam.

Une sorte de "permis de conduire"

Cette habilitation devra permettre de s'assurer du "parcours de formation théologique et profane" et portera notamment "sur la connaissance du contexte français, de l'histoire des religions, des institutions" de la République ainsi que de la laïcité. Il s'agira d'une sorte de "permis de conduire", prévoyant "une possibilité de retrait", a-t-il ajouté. Même si cette certification ne conditionnera pas la possibilité ou non pour un imam de prêcher, "retirer l'habilitation permettrait de mettre les mosquées devant leurs responsabilités".

Le CFCM est ainsi en train d'élaborer "une charte de l'imam" qui sera un "engagement de chaque imam sur un certain nombre de points forts", notamment "des éléments de discours pour qu'ils puissent propager un islam ouvert, tolérant" et "respectueux des lois de la République", poursuit Anouar Kbibech. 

Il confirme également la mise en place prochaine d'un "conseil religieux", chargé d'"élaborer ce discours alternatif" afin de "démonter sur le plan théologique tout l'argumentaire utilisé par les organisations terroristes et jihadistes pour embrigader nos jeunes".

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