"Je trouve ça indigne" : des victimes des attentats du 13-Novembre critiquent la manifestation des policiers devant le Bataclan

Des policiers devant le Bataclan, à Paris, le 26 juin 2020.
Des policiers devant le Bataclan, à Paris, le 26 juin 2020. (SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO / AFP)

L'association de victimes Life for Paris a ainsi déploré la récupération politique de ce symbole.

"Le Bataclan et ses victimes ne veulent pas et ne doivent pas être récupérés politiquement." Samedi 27 juin, l'association Life for Paris, qui regroupe des victimes des attentats du 13-Novembre à Paris et Saint-Denis, a fait entendre sa voix. La veille, plus de 200 policiers s'étaient réunis devant le Bataclan à Paris pour protester contre les accusations de violences policières et de racisme à l'encontre de leur profession et dénoncer un manque de soutien du ministère de l'Intérieur.

Plusieurs victimes de ces attentats se sont aussi exprimées sur les réseaux sociaux pour dénoncer cette forme de récupération. "Je trouve ça indigne", affirme Christophe Naudin, enseignant et rescapé de l'attentat du Bataclan, à franceinfo. "J'ai une éternelle reconnaissance envers les policiers intervenus [le 13-Novembre] et tous ceux que j'ai côtoyés par la suite dans ce contexte, et je n'ai jamais été adepte de 'tout le monde déteste la police'. Mais manifester devant le Bataclan est à la fois un chantage à l'émotion et de la récupération politique."

Je pense que pas mal de manifestants policiers utilisent sciemment le Bataclan comme instrument politique.Christophe Naudinà franceinfo

Plusieurs dizaines de fourgons, motos et voitures avaient bloqué la rue devant la salle de concert vendredi 26 juin vers 23h30. En civil ou en tenue, arme à la ceinture, les policiers ont déposé leurs menottes en silence sur la chaussée, avant d'entonner une Marseillaise en signe de protestation. "On ne comprend pas d'avoir été acclamés à l'époque des attentats et d'être pointés du doigt aujourd'hui", avait déclaré un policier, à l'AFP.

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