Attaque contre des soldats à Levallois-Perret : "Ces militaires sont formés à la guerre, pas aux combats en zone urbaine"

Pour Jean-Charles Brisard, du centre d’analyse du terrorisme, l'opération Sentinelle, visée par une attaque mercredi matin à Levallois-Perret, est devenue "un véritable piège" pour les soldats.

Six militaires de l'opération Sentinelle ont été renversés mercredi 9 août par une voiture qui a pris la fuite à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), près de Paris. Pour Jean-Charles Brisard, président du centre d’analyse du terrorisme, les militaires de l’opération Sentinelle "ne sont pas formés aux combats en zone urbaine".  Il a dénoncé "le piège" que représente l’opération Sentinelle qui, selon lui, "mobilise et expose ces personnels qui deviennent des cibles visibles et permanentes."

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franceinfo : Tout laisse penser à une attaque terroriste ?

Jean-Charles Brisard : Il faut attendre les détails sur les événements. Depuis le début de l’année, on constate une multiplication d’attaques qui visent le personnel de l'opération Sentinelle. Cela questionne la pertinence du dispositif lui-même qui est devenu un véritable piège. Il mobilise et expose ces personnels qui deviennent des cibles visibles et permanentes. Depuis quatre ans, les forces de l’ordre sont visées par le terrorisme : plus de 53% des cibles sont les policiers et les militaires.

Comment sont équipés et formés les militaires de l’opération Sentinelle ?

Le problème, c’est qu’il n’y a pas de formation spécifique. Ces militaires sont essentiellement formés à la guerre mais pas aux combats en zone urbaine qui exposent aussi le public. C’est contreproductif car ils se retrouvent face à des individus qui utilisent tous les moyens. Ces personnels sont exposés et ne sont pas prêts pour réagir face à cette menace. C’est un paradoxe : c’est un affichage pour le public, cela rassure, mais cela provoque aussi des menaces spécifiques qui pèsent sur les militaires.

L’état d’urgence, prolongé jusqu'à la fin de l’automne, va-t-il changer quelque chose ?

L’opération Sentinelle demeurera en l’état dans des conditions qui ne sont pas celles habituelles des militaires. On est piégé et le gouvernement est malheureusement contraint de maintenir cette sécurisation et cette exposition permanente.

Les militaires de l'opération Sentinelle sont pris "au piège" du dispositif, estime Jean-Charles Brisard.
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