Air France ne vérifie plus que votre billet correspond à vos papiers d'identité avant l'embarquement

Un avion stationne à l\'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d\'Oise), le 20 janvier 2017.
Un avion stationne à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d'Oise), le 20 janvier 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

La concordance entre l'identité du passager et le nom inscrit sur son billet est vérifiée au moment de la dépose des bagages, mais ne le sera plus au moment de l'embarquement. 

La décision a été prise lundi 22 janvier. Air France a levé la vérification de concordance entre le billet et les papiers d'identité du passager à l'embarquement, pour les vols au départ de la France et à destination de pays à l'intérieur de l'espace Schengen, a indiqué Europe 1, mardi 23 janvier. Les filiales de la compagnie, Hop! et Transavia, ont également abandonné cette procédure.

"Il ne s'agit pas d'un contrôle d'identité", a fait valoir la compagnie, expliquant qu'il s'agissait d'une procédure obsolète depuis la levée de l'état d'urgence, le 1er novembre. "La deuxième chose, c'est que les personnes qui se présentent à la porte d'embarquement sont censées être sécurisées, puisqu'elles sont passées à l'inspection-filtrage et qu'elles ont subi les contrôles habituels, c'est-à-dire un contrôle de leur bagage cabine au rayon X et parfois un contrôle d'éventuelles traces d'explosifs", a expliqué le directeur de la sûreté aérienne d’Air France, Gilles Leclair, interrogé par la radio.

"Les personnes qui arrivent à l'embarquement, si tant est qu'elles ne soient pas la bonne personne en possession de la bonne identité, ne constituent pas un problème de sécurité lorsqu'elles montent dans l'avion", a-t-il ajouté au micro d'Europe 1.

Des syndicats inquiets  

Ces explications n'ont pas calmé les inquiétudes du syndicat des pilotes d'Air France (SPAF). "Au moindre souci, on ne pourra pas identifier le passager qui aura utilisé un billet", selon son président, Grégoire Aplincourt, également cité sur Europe 1. "Avec cette mesure, vous pouvez avoir un passager dans l'avion qui vient pour essayer de commettre un acte de malveillance. Heureusement, les bagages sont filtrés mais globalement, vous pouvez très bien avoir un passager dans l'avion qui a fait acheter son billet par quelqu'un d'autre pour de mauvaises raisons".

Dans un tweet, le maire de Nice, Christian Estrosi, a également fait part de son sentiment concernant cette mesure, dès lundi matin. "Navette Air France de 6h30 entre Paris et Nice : plus de contrôle d'identité. Inacceptable. Je demande le rétablissement pour toutes les compagnies", s'est-il indigné.