"Ils vivent toujours" : rescapés et proches de victimes des attentats du 13-Novembre continuent de rendre hommage aux disparus

L\'olivier qui sera intégré au \"jardin du souvenir\", lors de la cérémonie de commémoration des attentats du 13-Novembre 2015, devant la mairie du 11e arrondissement, à Paris, le 13 novembre 2019.
L'olivier qui sera intégré au "jardin du souvenir", lors de la cérémonie de commémoration des attentats du 13-Novembre 2015, devant la mairie du 11e arrondissement, à Paris, le 13 novembre 2019. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Une nouvelle journée de commémorations était organisée en mémoire des 130 victimes et des centaines de blessés des attentats de Paris et Saint-Denis, il y a quatre ans jour pour jour.

Ils sont venus une nouvelle fois se retrouver, se recueillir sobrement et dignement en mémoire des victimes, avec des petits gestes qui semblent anodins, mais qui restent très importants. "Poser la main sur l'épaule, s'embrasser", rappelle Olivier Laplaud, vice-président de l'association Life for Paris.

Mercredi 13 novembre 2019, une nouvelle journée de commémorations et de recueillement rend hommage aux 130 victimes et aux centaines de blessés des attentats de Paris et Saint-Denis, survenus le 13 novembre 2015. La journée d'hommage s'est achevée, comme c'est désormais l'usage, devant la mairie du 11e arrondissement. "On a tous l'occasion d'échanger tout au long de l'année, avec les doutes, les conseils. Aujourd'hui, cette réunion de famille prend vraiment toute sa dimension", estime Olivier Laplaud.

Ca fait partie de la résilience d'une société de savoir passer au-delà des souvenirs douloureux pour reconstruire et refaire société ensemble.Aurélia, rescapée du Bataclanà franceinfo

Sur la scène, devant la mairie, des discours se succèdent. Deux chansons viennent compléter la cérémonie, dont "Tears in Heaven" ("Des larmes au paradis") d'Eric Clapton. Debout, une rose blanche à la main, Viviane écoute, en pensant à sa fille Ariane, assassinée au Bataclan il y a quatre ans. "Ils vivent toujours, et c'est à nous de faire attention à ce qu'on ne les oublie pas", indique-t-elle. C'est pour ça qu'il est important que nous soyons là, de plus en plus nombreux, toujours fiers que nos enfants soient là, avec nous."

Un nouveau lieu de mémoire

Il y a moins de monde que lors des précédentes commémorations, mais ce n'est pas un problème selon Aurélia, rescapée du Bataclan. "C'est normal : est-ce que tout le monde se souvient des précédents attentats qui ont eu lieu en France ? Ceux du 13-Novembre sont malheureusement les plus sanglants qu'on ait connus depuis la Seconde Guerre mondiale, mais il y a eu d'autres attentats dans les années 70, 80, 90, et on oublie. (...) Mais pour nous, pour les proches, pour les rescapés, on ne pourra pas oublier."

Dans la main, Aurélia tient un petit papier. "J'y ai écrit 'n'oublions jamais'." Elle s'apprête à l'accrocher à un olivier, symbole de la paix, installé à côté de la scène. "Nous sommes enracinés debout, et ce n'est pas la violence imbécile des intégristes qui nous fera baisser la tête", confie une femme. L'olivier, un arbre fort aux racines solides, sera bientôt planté comme d'autres dans un "jardin du souvenir", à Paris. Un nouveau lieu de mémoire dédié aux 130 victimes du 13-Novembre 2015.

Rescapés et proches de victimes des attentats du 13-Novembre continuent de rendre hommage aux disparus - Le reportage de Matthieu Mondoloni
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne