Attentats de Paris : ce que l'on sait et ce que l'on ignore sur le rôle de Salah Abdeslam

La photo de Salah Abdeslam dans l\'avis de recherche publié par la police française, dimanche 15 novembre. 
La photo de Salah Abdeslam dans l'avis de recherche publié par la police française, dimanche 15 novembre.  (DSK / POLICE NATIONALE / AFP)

Localisé le soir des attentats à Montrouge, au sud de Paris, il a ensuite pris la route pour Bruxelles avec des complices. Depuis, il est recherché par la police belge. 

La traque se poursuit. Les enquêteurs recherchent toujours le Français Salah Abdeslam, 26 ans, qui pourrait être l'unique auteur direct des attaques de Paris encore vivant. Il a été localisé, via son téléphone portable, le soir des attentats à Montrouge (Hauts-de-Seine) selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP. Une ceinture pouvant "s'apparenter à une ceinture d'explosifs" a été trouvée lundi 23 novembre dans une poubelle de cette ville. Alors que des informations contradictoires circulent au sujet du fugitif, francetv info tente de faire le point.

Quel rôle a-t-il joué dans les attentats ?

Les indices. Selon Le Figaro, "sa carte de crédit a servi à louer à partir du 12 novembre, veille des tueries, et pour une semaine, deux chambres dans un appart-hôtel d'Alfortville (Val-de-Marne), la Polo noire ayant conduit le commando du Bataclan ainsi que la Clio retrouvée place Albert-Kahn, dans le 18e arrondissement de Paris. C'est-à-dire à l'un des endroits, selon le message de revendication de l'Etat islamique, 'choisis minutieusement à l'avance au cœur de la capitale française' pour être frappés 'simultanément'. On sait aussi que son portable a été identifié par une borne à côté de la Clio noire retrouvée dans le 18e.

L'hypothèse. Si le 18e arrondissement devait être frappé, pourquoi a-t-il été finalement épargné ? C'est un des mystères qui devra être élucidé par l'enquête. Salah Abdeslam a-t-il fait partie du groupe de tueurs ? Au départ, les enquêteurs estimaient qu'il faisait partie du "commando des terrasses", mais "au terme de recoupements, l'enquête semble exclure que Salah Abdeslam fasse partie du trio, circulant à bord d'une Seat, qui a endeuillé les terrasses des cafés de l'est parisien", selon Le Figaro. Si on ignore encore l'importance du rôle joué par Salah Abdeslam dans les attaques du 13 novembre, il a "au minimum joué un rôle de 'logisticien', souligne Le Figaro. 

Avait-il une ceinture d'explosifs ?

Les indices. Dix jours après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris, un objet "qui s'apparente à une ceinture d'explosifs" a été retrouvé lundi 23 novembre en fin d'après-midi dans une poubelle à Montrouge. Elle a été découverte, précise Le Figaro"par des éboueurs ramassant des encombrants abandonnés sur un trottoir de la rue Chopin, près de la station de métro Châtillon-Montrouge", sur la ligne 13, qui mène au Stade de France, visé par les terroristes le soir du 13 novembre. 

Pourquoi suppose-t-on que cette ceinture ait pu appartenir à Salah Abdeslam ? D'abord parce que cet objet, en cours d'analyse, semble avoir "la même configuration" que les gilets utilisés par les jihadistes qui se sont fait exploser dans les attaques du 13 novembre, selon une source policière. Ensuite parce qu'elle a été trouvée à proximité de l'endroit où le portable du suspect, retrouvé après les attentats, a été détecté. Ce téléphone a émis des signaux dans cette zone le vendredi 13 novembre au soir.


Attentats de Paris : une possible ceinture d'explosifs retrouvée à Montrouge

L'hypothèse. Pourquoi Salah Abdeslam a-t-il renoncé à faire sauter ces explosifs ? Pourquoi a-t-il pris la fuite plutôt que de se faire sauter, comme son frère ? Des questions pour l'instant sans réponse. Il a pu reculer au dernier moment, par peur de la mort. A moins que son gilet n'ait eu une défaillance technique.

Que sait-on de sa fuite ?

Les indices. Salah Abdeslam est donc localisé vendredi 13 novembre, le soir des attentats, à Montrouge. Le samedi matin, deux de ses amis volent à son aide pour l'emmener à Bruxelles. Le Figaro dépeint ainsi la scène : "Venus le chercher à Paris samedi matin à sa demande à bord d'une Golf 3, Hamza Attou et Mohamed Amri (...) ont, selon nos informations, décrit Salah comme 'très choqué et en pleurs'." Le fuyard, qui n'est pas encore recherché, est contrôlé avec ses complices le samedi à un péage, à Cambrai. La police les laisse partir. Puis Salah Abdeslam est formellement identifié "sur les bandes de vidéosurveillance de la station Total située sur l'aire de repos de La Sentinelle-Est, le long de l'A2, près de Valenciennes", relève France 3 Nord-Pas-de-Calais. Le trio s'est arrêté sur cette aire de repos à bord d'une Golf alors qu'il se dirigeait vers la Belgique. Les forces de l'ordre ont interpellé plus tard Hamza Attou et Mohamed Amri à Bruxelles. Mais pas Salah Abdeslam. 

L'hypothèse. Salah Abdeslam, qui a grandi à Molenbeek, une commune de Bruxelles-Capitale, a pu vouloir revenir dans la capitale belge, ville qu'il connaît bien, pour se cacher. Ou préparer d'autres attaques. Depuis, la ville est en alerte maximale. Les autorités belges sont convaincues de sa présence à Bruxelles, même si, selon une chaîne de télé américaine, le fuyard aurait contacté un proche par Skype pour demander de l'aide afin de rejoindre la Syrie, en minimisant son rôle dans les attentats.  

Vous êtes à nouveau en ligne