13-Novembre : un après les attentats, où en est l'enquête ?

Autour du Bataclan et des autres lieux ciblés par les attentats, les enquêteurs ont multiplié les relevés
Autour du Bataclan et des autres lieux ciblés par les attentats, les enquêteurs ont multiplié les relevés (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Les témoins et les victimes des attentats du 13-Novembre espèrent plus que jamais des réponses et un procès. Un an après, le point sur les avancées de l'enquête et ses zones d'ombre.

La colossale enquête sur le 13-Novembre continue d'avancer entre la France et la Belgique, alors que les cérémonies du premier anniversaire se préparent à Paris et à Saint-Denis, un an après les attentats.

Les six juges d’instruction et les centaines d’enquêteurs mobilisés cherchent toujours à identifier avec certitude le ou les commanditaires au sein de Daech.

L'organisation jihadiste avait très vite revendiqué les attaques, à la fois par écrit, et dans un message audio lu et chanté par les frères Clain, Fabien et Jean-Michel. Ces deux Toulousains, vétérans du jihad, ont été en lien avec Mohamed Merah et seraient devenus des piliers du groupe Etat islamique.

On sait que les ordres sont venus de très haut dans le commandement de l'Etat islamiqueLe procureur fédéral belge

Les enquêteurs belges et français travaillent toujours en lien étroit avec les magistrats, les commandos envoyés de Syrie ayant transité par la Belgique avant de frapper Paris.

Oussama Atar, potentiel coordinateur des attaques

Tout récemment, les enquêteurs ont découvert qu'un Belgo-Marocain de 32 ans, Oussama Atar, avait été un coordinateur important. Il aurait joué un rôle d'organisateur, comme Abdelhamid Abaaoud qui, lui, avait été abattu dans l'assaut du raid à Saint-Denis, le 18 novembre.

Oussama Atar, lui, semble avoir donné des ordres à distance. En tout cas, il a laissé des traces derrière lui sous le nom de guerre Abou Ahmad. Le numéro de téléphone d'Abou Ahmad était griffonné sur un bout de papier retrouvé dans la poche d'un des kamikazes du Stade de France.

Un lien entre les attentats de Paris et ceux Bruxelles

Des échanges audio d'Abou Ahmad avec des terroristes des attentats de Bruxelles, en mars 2016, notamment les frères El Bakraoui, ont ensuite été retrouvés dans un ordinateur, jeté dans une poubelle.

Les enquêteurs ont eu, à ce moment-là, la certitude que les attentats du 13 novembre 2015, à Paris, et du 22 mars 2016 à Bruxelles, avaient été commis par le même réseau terroriste.

Les enquêteurs commencent alors à se douter que le mystérieux Abou Ahmad n’est autre qu’Oussama Atar, vétéran du jihad, parti en Irak dans les années 2000, et cousin éloigné des frères El Bakraoui.

Des complices encore en cavale

C'est finalement lors d'une audition récente par les juges antiterroristes français que les enquêteurs ont acquis l’intime conviction qu’Oussama Atar était, lui aussi, un organisateur des attentats de novembre 2015. Lors de cette audition, l’Algérien Adel Haddadi, missionné pour les attentats du 13-Novembre, a reconnu Oussama Atar sur planche photographique.

Selon Haddadi, c'est Atar qui a organisé son envoi en France. Haddadi était resté coincé avec un autre complice sur l'île de Leros, avant d'être arrêté en décembre 2015, en Autriche.

Adel Haddadi fait aujourd'hui partie des huit hommes incarcérés en France. Oussama Atar, lui, serait toujours en zone irako-syrienne, comme d'autres complices.

Salah Abdeslam muré dans son silence 

Dans sa cellule du centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, le suspect-clé, Salah Abdeslam, refuse toujours de répondre aux juges antiterroristes. Ses avocats, maîtres Franck Berton et Sven Mary, ont fini par refuser de le défendre. Nul ne sait à quelle date son procès pourra se tenir.

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