Attentats du 13-Novembre : "Si on ne procède pas à des palpations, on nous le reproche", témoigne un agent de sécurité

Des agents de sécurité et des policiers devant le Bataclan, à Paris, avant le concert de Sting, le 12 novembre 2016.
Des agents de sécurité et des policiers devant le Bataclan, à Paris, avant le concert de Sting, le 12 novembre 2016. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Gaël Brouard, gérant d'une société de sécurité qui travaille pour le Zénith de Caen, note un changement de comportement des spectateurs à l'entrée des évènements depuis le 13-Novembre. Aujourd'hui, le public semble accepter ce qu'il refusait avant. 

Deux ans après les attentats du 13-Novembre 2015, la sécurité a été renforcée partout en France. Aujourd'hui, elle semble même acceptée, voire réclamée, par les spectateurs, à l'entrée des évènements.

"Auparavant, quand on faisait des palpations, il y avait beaucoup de refus, de gens qui nous disaient : 'Vous ne me touchez pas, vous n'avez pas le droit'. Désormais, c'est plutôt l'inverse. Si on ne procède pas à des palpations, on nous le reproche", témoigne Gaël Brouard, gérant d'une société de sécurité qui travaille pour le Zénith de Caen, au micro de franceinfo, lundi 13 novembre. 

Formés à repérer des individus suspects

Gaël Brouard a également formé ses agents de sécurité à repérer des comportements suspects. Ils se fondent dans la foule pour détecter des individus à risque. "Ça peut être quelqu'un qui se promène en plein été avec un manteau. Ce n'est pas complètement cohérent de se promener comme ça, explique-t-ilForcément, ça doit attirer notre attention. Est-ce que c'est un gilet explosif qu'il porte sur lui ? Ça peut être quelqu'un qui pose beaucoup de questions sur le dispositif de sécurité, qui essaie de se renseigner sur les différents types d'accès, sur les palpations qui sont faites ou non. Ça peut être aussi des regards fuyants et on doit être très vigilant sur ça."

La méfiance des spectateurs

Malgré tous ces contrôles, certains spectateurs hésitent à retourner dans des salles de concerts et plus largement à participer à des rassemblements publics. "Avec les jihadistes qui arrivent à entrer, moi je me méfie un peu plus", témoigne Christopher. Nathalie est, elle aussi, hésitante et "pense forcément" aux risques d'attentats : "On se pose la question avant de prendre une place pour un match de foot, quand on va au marché de Noël, quand on va dans les mouvements de foule".

Les commémorations des attentats du 13-Novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, qui avaient fait 130 morts et plus de 300 blessés, ont lieu lundi. Emmanuel Macron se rendra sur tous les lieux des attaques terroristes, du Stade de France jusqu'au Bataclan pour un moment de recueillement, sans prise de parole.