Attentats du 13-Novembre : "Pour les policiers qui ont vu l’horreur, la digestion psychique va prendre du temps"

Un policier rue de Charonne, à Paris, le jour des attentats du 13-Novembre 2015
Un policier rue de Charonne, à Paris, le jour des attentats du 13-Novembre 2015 (PIERRE CONSTANT / AFP)

Un an après les attentats du 13-Novembre, Florence Kirchhoffer, psychologue clinicienne au service de soutien psychologique opérationnel (SSPO) du ministère de l’Intérieur, suit encore certains policiers traumatisés par leur intervention.

Dans les jours qui ont suivi les attentats du 13-Novembre, près d’un millier de policiers ont été reçus individuellement ou collectivement par les psychologues du service de soutien psychologique opérationnel (SSPO) du ministère de l’Intérieur. Des hommes et des femmes marqués à vie par leurs interventions au Bataclan, au stade de France et dans les rues de Paris. Un an après, une quarantaine d'entre eux, qui faisaient partie des premiers arrivés sur les lieux des attaques, sont encore suivis par des psychologues.

Hypervigilance et fatigue psychique

Attaque au camion à Nice, policiers tués à Magnanville... Depuis les attaques sur Paris, chaque nouvel attentat rouvre les plaies de ces agents traumatisés, dont beaucoup culpabilisent de ne pas en avoir assez fait le soir du 13-Novembre. "On entend beaucoup de policiers nous dire 'J'aurais voulu faire plus, en sauver plus, être là avant', explique Florence Kirchhoffer, psychologue clinicienne au SSPO, qui suit personnellement certains de ces agents. Voir des images aux informations réactive le traumatisme."

Un policier reste un être humain avec ses limites, ses forces et ses faiblessesFlorence Kirchhoffersur franceinfo, le 12 novembre 2016

Il y a ceux qui veulent en parler et ceux qui préfèrent garder leur expérience pour eux. En première ligne, les policiers se savent visés, provoquant chez eux un état de siège permanent. "Une des conséquences, c'est ce qu'on appelle 'l'hypervigilance'. Quand elle se déplace, la personne reste aux aguets, ce qui provoque une fatigue psychique bien plus forte qu'auparavant", souligne Florence Kirchhoffer. Dans tous les cas, "pour les policiers qui ont vu l’horreur le 13 novembre, la digestion psychique va prendre du temps", conclut la psychologue.

Florence Kirchhoffer, psychologue clinicienne, suit encore certains policiers traumatisés par le 13-Novembre
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