Attentats de Paris : que sait-on des assaillants et de leurs complices ?

La police belge clôt, le 14 novembre, une rue du quartier de Molenbeek, à Bruxelles (Belgique), où résidaient plusieurs personnes suspectées d\'avoir participé aux attaques du 13 novembre à Paris.
La police belge clôt, le 14 novembre, une rue du quartier de Molenbeek, à Bruxelles (Belgique), où résidaient plusieurs personnes suspectées d'avoir participé aux attaques du 13 novembre à Paris. (JAMES ARTHUR GEKIERE / AFP)

Sept assaillants ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi, et un avis de recherche a été lancé, dimanche, contre un homme suspecté d'être impliqué dans les attaques qui ont fait au moins 129 morts à Paris et au Stade de France.

Vendredi 13 novembre, trois équipes de terroristes ont mené des attaques meurtrières à Saint-Denis et à Paris, faisant au moins 129 morts, selon le bilan provisoire de dimanche soir. Des assaillants qui étaient "au moins sept", selon le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, citant le nombre connu de terroristes tués ; huit, selon la revendication diffusée par le groupe Etat islamique samedi dans la journée. Voici ce que l'on sait sur ces hommes.

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Ceux qui ont été identifiés

Salah Abdeslam, le possible cerveau activement recherché. La police française a lancé, dimanche, un appel à témoins pour retrouver ce Français de 26 ans résidant à Bruxelles, en Belgique. "Faisant l'objet d'un mandat de recherche", l'individu est "dangereux", prévient la police judiciaire : "Surtout n'intervenez pas vous-même."

Selon les informations de France 2, les enquêteurs font l'hypothèse qu'il est le "cerveau" des attaques de vendredi. En début de semaine, dans la région de Bruxelles, c'est lui qui a loué les deux véhicules retrouvés, l'un à proximité du Bataclan, l'autre à Montreuil. Ce second véhicule, une Seat Leon noire à bord de laquelle ont été retrouvées trois kalachnikovs, a été utilisé pour mener les attaques de l'angle des rues Alibert et Bichat, de la rue de la Fontaine-au-Roi et de la rue de Charonne. 

Toujours selon France 2, il se trouvait vendredi soir à bord de ce véhicule, en compagnie d'une ou deux autres personnes. Selon RTL, son seul passager était son frère, Brahim Abdeslam, qu'il a ensuite déposé, et qui s'est fait exploser à la terrasse d'un bar, sur le boulevard Voltaire. Le suspect aurait alors rejoint Montreuil, où il aurait abandonné son véhicule pour monter dans une autre voiture avec deux complices. Il était présent, samedi à 9h10, quand ce véhicule a été contrôlé par les gendarmes sur l'autoroute A2 à Cambrai (Nord), en direction de la Belgique, avant d'être retrouvé samedi en fin d'après-midi à Molenbeek-Saint-Jean, un quartier de Bruxelles (Belgique). Mais on ignore où se trouve Salah Abdeslam.

Brahim Abdeslam, le kamikaze du boulevard Voltaire. Selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP, Brahim Abdeslam, le frère de Salah, âgé de 31 ans, se trouvait dans le véhicule qui a tiré dans les rues de Paris. C'est ce qu'affirme également RTL. Selon la radio, Salah Abdeslam était aussi présent et a déposé Brahim dans le 11e arrondissement.

Brahim Abdeslam s'est ensuite installé à la terrasse du Comptoir Voltaire, bistrot situé sur le boulevard du même nom, avant d'actionner une ceinture d'explosifs alors qu'il passait commande, racontent des témoins à L'Express. Il a été "formellement identifié", dimanche, "après relevé et comparaison de [ses] empreintes papillaires", a annoncé le parquet. Il était lui aussi domicilié en Belgique.

Omar Ismaïl Mostefaï, un des kamikazes du Bataclan. Identifié par ses empreintes, grâce à un doigt sectionné, le Français de 29 ans faisait partie de la deuxième équipe de terroristes, qui a attaqué le Bataclan. Né à Courcouronnes (Essonne), il a passé une partie de sa jeunesse à Chartres. C'est là où se trouve son dernier domicile connu. Sept membres de son entourage familial ont été placés en garde à vue, mais ils ne semblaient plus guère avoir de liens avec lui. "Ça fait un moment que je n'ai plus de nouvelles", avait assuré son frère auprès de l'AFP, avant d'être interrogé.

Connu de la justice pour de petits délits, comme des outrages ou des conduites sans permis, Omar Ismaïl Mostefaï n'a jamais été incarcéré. Les services de renseignement l'ont repéré en 2010, année au cours de laquelle il a fait l'objet d'une fiche S, pour sa radicalisation. Les enquêteurs tentent de confirmer qu'il a bien séjourné en Syrie en 2014, selon des sources policières.
• Samy Amimour, un des kamikazes du Bataclan. Originaire de Drancy, en banlieue parisienne, cet homme de 28 ans a été mis en examen en octobre 2012 pour un "projet avorté vers le Yémen", a annoncé lundi le procureur de Paris. Il avait violé son contrôle judiciaire à l'automne 2013 et un mandat d'arrêt international avait été délivré. C'est à cette date que le jeune homme, décrit par sa famille comme "un jeune gentil et timide dans son enfance", est parti en Syrie où il se trouvait à l'été 2014.
Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France. L'un des trois kamikazes du Stade de France a été identifié, dimanche, "après relevé et comparaison de [ses] empreintes papillaires", a annoncé le parquet. Bilal Hadfi est français, réside en Belgique, et est âgé de 20 ans. Selon une source proche du dossier, il s'est rendu en Syrie, où, d'après le Washington Post (en anglais), il a combattu avec l'Etat islamique.

Ceux qui sont suspectés d'avoir aidé les assaillants

Mohamed Abdeslam, le frère interpellé puis relâché. Le troisième frère Abdeslam a été arrêté samedi à Molenbeek, le quartier de Bruxelles où ils vivaient. Il était toujours en garde à vue, dimanche soir. Selon l'AFP, il rentrait de Paris. On ne sait pas s'il a eu un rôle dans les attentats, et il a été relâché lundi "sans la moindre inculpation", selon son avocate interrogée par l'Agence France-Presse.

D'autres arrestations à Molenbeek. Selon les informations de France 2, deux complices ont été rejoints par Salah Abdeslam à Montreuil et l'ont emmené en Belgique. Selon les informations de France Info et de l'agence Associated Press, il y avait trois personnes à bord du véhicule contrôlé samedi matin à Cambrai (Nord). Selon France 3, le propriétaire de cette voiture était un homme appelé Mohamed Amri, interpellé samedi à Molenbeek. Deux autres hommes ont été arrêtés avec lui, dont Mohamed Abdeslam, le frère de Salah et de Brahim, et un homme dont on ne connaît pas l'identité. On ne sait pas s'ils sont les complices de Salah Abdeslam.

Parmi les sept personnes interpellées en Belgique, cinq ont été remises en liberté lundi, a précisé le parquet fédéral belge à l'AFP. Deux "continuent d'être détenues provisoirement".

Les assaillants dont on ignore l'identité

Au Stade de France. On ne connaît pas l'identité des deux autres kamikazes qui se sont fait exploser à proximité du stade. Un passeport syrien a été découvert par les enquêteurs à proximité du corps de l'un d'eux. Selon France 2, un passeport égyptien a également été découvert. On ne sait pas s'ils appartenaient à Bilal Hadfi ou aux deux autres kamikazes. Le passeport syrien porte le nom d'Ahmad al-Mohammad, un migrant de 25 ans enregistré en Grèce et qui a demandé l'asile en Serbie. Mais il n'est pas établi que cet homme se trouvait parmi les kamikazes. Ce passeport pourrait aussi être un faux ou avoir été volé. Cependant, le procureur de Paris a précisé lundi que les empreintes du kamikaze concordaient avec "celles relevées lors d'un contrôle en Grèce en octobre 2015".

Au Bataclan. On ne connaît pour l'instant rien de l'identité des deux autres assaillants morts au Bataclan. Selon France 2, des doutes subsistent d'ailleurs sur la présence sur place d'un quatrième terroriste.

Dans le véhicule qui a tiré dans les rues. La présence de Salah et de Brahim Abdeslam dans ce véhicule n'a pas été officiellement confirmée. Et, selon France 2, pas de certitude non plus sur la présence ou non d'un troisième passager. 

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