Attentats de Paris : "On a tiré jusqu'à ce qu'il tombe au sol", témoigne le commissaire qui a tué un terroriste

La façade du Bataclan Café, situé à côté de la salle de concert parisienne visée par des attaques le 13 novembre 2015.
La façade du Bataclan Café, situé à côté de la salle de concert parisienne visée par des attaques le 13 novembre 2015. (MAXPPP)

Le premier policier qui est entré dans la salle de concert du Bataclan raconte à France Info comment il est intervenu dans la soirée du 13 novembre.

"Ce qui nous surprend immédiatement, c'est la lumière extrêmement forte, qui nous aveugle. Le silence ahurissant. Et puis des centaines de corps, les uns sur les autres." Chef de service au sein de la Brigade anticriminalité (BAC), le premier policier qui est entré le 13 novembre dans la salle de concert du Bataclan, cible d'une attaque terroristelivre un témoignage fort sur France Info, mardi 15 décembre.

Vendredi 13 novembre, ce commissaire se dirige d'abord vers le Stade de France, où l'alerte a été donnée après une explosion. Mais, sur sa route, il entend une nouvelle alerte : il y a des fusillades dans les 10e et 11e arrondissements de Paris. "Il se déroute et arrive donc en premier devant le Bataclan. Avec son chauffeur, qui est aussi policier, ils prennent la décision d'intervenir sans attendre les renforts", relate France Info.

"J'étais persuadé de mourir ce soir-là"

Une fois entré dans le Bataclan, le policier de la BAC, seulement équipé de son arme de service et d'un gilet pare-balles léger, aperçoit l'un des terroristes qui marche sur la scène et pointe sa kalachnikov sur un spectateur : "Il est très posé, il a l'air très calme. Vu le carnage, on n'a aucun doute sur ce qu'on doit faire. On engage le tir immédiatement. On tire jusqu'à ce qu'il tombe au sol. Dans la foulée, une explosion surgit. Là, on se rend compte qu'ils sont susceptibles de se faire exploser avec leurs ceintures", raconte à la radio le commissaire, d'une voix monocorde.

Avec un de ses équipiers, il sauve donc la vie de l'otage. Les deux hommes essuient ensuite une rafale de tirs. Ils comprennent alors le danger et appellent leur femme pour leur dire adieu. "J'avais la certitude qu'on ne reculerait pas. On avait décidé, avec mon équipier, qu'on ne laisserait pas ces gens sans nous. J'étais persuadé de mourir ce soir-là", commente-t-il. Les renforts de la BAC finissent par arriver. Puis ce sont les policiers de la BRI qui donnent l'assaut.

Depuis, le commissaire a repris le travail. Il n'a pas vu de psychologue, précise France Info, mais il ressent encore le besoin de parler de cette intervention, surtout à ses proches.

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