Attentats de Paris : les producteurs de spectacles chiffrent le coût des mesures de sécurité à 50 millions d'euros

Devant le Bataclan, à Paris, le 20 novembre 2015.
Devant le Bataclan, à Paris, le 20 novembre 2015. (GUILLAUME PAYEN / NURPHOTO / AFP)

Après les attentats, les producteurs de spectacles ont annoncé leurs propositions pour renforcer la sécurité des salles de concerts. 

Renforcement de la sécurité à l'entrée des salles, billets nominatifs, désignation d'un expert auprès du ministère : les producteurs de spectacles ont énuméré, mardi 24 novembre, des mesures pour rassurer le public après les attentats de Paris, et ont réclamé un fonds de soutien de 50 millions d'euros.

Le fonds d'aide d'urgence de 4 millions d'euros annoncé par le ministère de la Culture après les attentats risque "d'être une solution à très court terme", a estimé Angelo Gopee, directeur général de Live Nation France, lors d'une conférence de presse au siège du Prodiss, syndicat des producteurs, diffuseurs et patrons des salles de spectacles.

Lors de la semaine qui a suivi les attentats, le Prodiss a constaté une chute des ventes de billets de 80% par rapport aux chiffres habituels à cette période de l'année, une saison des fêtes cruciale pour le secteur. Depuis ce week-end, le différentiel est moins important mais reste de 50%. "Ce ne sont pas seulement les spectacles qui sont touchés par la chute de la fréquentation, ce sont aussi des festivals, l'ensemble des prestataires, les secteurs de la sécurité, du transport, du son, de l'éclairage, c'est un séisme qui nous attend à très court terme", a prévenu le dirigeant de Live Nation France, qui produit notamment les concerts de U2 et Madonna.

Des billets nominatifs pour rassurer le public

Pour faire face à cette baisse attendue de la fréquentation des spectacles programmés dans les prochains mois, les producteurs réclament une aide de 50 millions d'euros "à moyen terme". L'économie du spectacle est fragile, assurent-ils, avec 75% des entreprises du secteur qui ont un chiffre d'affaires ne dépassant pas un million d'euros. Depuis les attentats, les salles ont déjà augmenté le nombre de vigiles et renforcé les contrôles aux entrées, rappellent les producteurs. Mais "ces besoins sont là pour plusieurs mois, peut-être plusieurs années", a souligné le président du Prodiss, Guy Marseguerra, insistant sur le fait que leur coût est supporté par les organisateurs eux-mêmes.

Les mesures de sécurité sont aussi parfois difficiles à mettre en œuvre, une majorité des concerts se déroulant dans de petites salles. "Rendez-vous compte de la différence entre un club de 200 places et Bercy", a relevé Jules Frutos, le co-gérant du Bataclan, où 90 personnes ont perdu la vie le 13 novembre. Les festivals, comme les Transmusicales prévues début décembre à Rennes, doivent aussi revoir leur dispositif.

Pour rassurer le public, notamment les familles et les jeunes attendus nombreux dans les salles pour les fêtes, les producteurs veulent accélérer le pas sur le "billet nominatif", à l'instar de ce qui se pratique dans les stades de football. Cette mesure, discutée "depuis des années", permettrait de faciliter les contrôles d'identité aux entrées des salles, mais aussi au moment de l'achat des billets.

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