Attentats du 13 novembre : quatre choses à savoir sur Najim Laachraoui, le nouvel ennemi public n°1

Photo non datée publiée le 21 mars 2016 par la police fédérale belge de Najim Laachraoui, recherché dans l\'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris.
Photo non datée publiée le 21 mars 2016 par la police fédérale belge de Najim Laachraoui, recherché dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris. (BELGIAN FEDERAL POLICE / AFP)

Il est soupçonné d'être l'artificier qui a préparé les explosifs utilisés pour les attentats de Paris et Saint-Denis.

Après l'arrestation vendredi de Salah Abdeslam, les polices belge et française traquent désormais un autre homme soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans les attentats du 13 novembre. Il s'agit du Belge Najim Laachraoui, 24 ans, dont l'ADN a été retrouvé sur du matériel explosif utilisé dans les attaques de Paris et Saint-Denis.  

Le parquet fédéral belge a diffusé des photos de cet homme "activement recherché" et connu jusqu'à présent sous la fausse identité de Soufiane Kayal. Que sait-on de lui ?

Il serait un cadre recruteur de l'Etat islamique

Né le 18 mai 1991, Najim Laachraoui est parti en Syrie en février 2013, interrompant des études d'électromécanique, comme le raconte La Libre.be. Il a été jugé par défaut en février à Bruxelles dans le procès d'une filière de recrutement de combattants pour la Syrie et une peine de 15 ans de prison a été requise à son encontre. 

Spécialiste du terrorisme sur Europe 1, Didier François estime qu'il s'agit d'un des rares cadres de l'Etat islamique identifiés "ayant certainement connaissance de filières, voire de cellules clandestines implantées en Europe et en France" par l'organisation jihadiste.  

Le journaliste qualifie Najim Laachraoui de personnalité "brillante" et "très organisée", très loin "du petit délinquant type Abaaoud" (un des membres du commando ayant attaqué les terrasses parisiennes) ou de Salah Abdeslam, "qui a surtout servi à louer des voitures et des planques".

Impliqué dès le départ dans les attentats

Les éléments de l'enquête montrent que Najim Laachraoui est impliqué dès le départ dans les attentats de Paris. Lorsqu'il rentre de Syrie, c'est "Salah Abdeslam qui va le récupérer en Hongrie en septembre 2015, deux mois avant les attentats de Paris. Ils seront contrôlés en Autriche dans une Mercedes de location mais Kayal [son identité d'emprunt] présentera alors une fausse carte d'identité belge, sans que les policiers ne le détectent", note la RTBF.

Se trouvait également à bord de la Mercedes Mohamed Belkaïd, un Algérien de 35 ans abattu par la police mardi dans la commune bruxelloise de Forest.

Il pourrait être l'artificier du groupe

On a trouvé l'ADN de Najim Laachraoui sur presque tous les gilets explosifs du commando. Il était donc, semble-t-il, l'artificier ou l'un des artificiers du groupe. "Selon nos informations, son ADN se retrouve sur au moins deux ceintures explosives : une utilisée au Bataclan, et une autre utilisée au stade de France. Najim Laachraoui les a donc manipulées, peut-être même fabriquées", indique la RTBF.

C'est sous son faux nom qu'avait été louée à Auvelais, près de Namur, une maison utilisée pour préparer les attentats. Des traces de son ADN y ont retrouvées, tout comme dans la planque de Schaerbeek, selon le parquet fédéral.

Soupçonné d'avoir été en contact avec les kamikazes le soir des attentats

Enfin, il était probablement, avec Mohamed Belkaïd, en liaison téléphonique avec certains des terroristes du 13 novembre. Il y a, selon les enquêteurs, une "forte probabilité" pour que Belkaïd ait été le destinataire du SMS "On est parti, on commence", envoyé le soir de la tuerie par un des kamikazes du Bataclan. Mais un autre numéro belge avait appelé ce soir-là Abdelhamid Abaaoud, l'organisateur présumé des attaques, depuis le même endroit à Bruxelles.

Le 17 novembre, les visages de Belkaïd et Laachraoui avaient été captés par les caméras de surveillance d'une agence Western Union bruxelloise. La fausse carte d'identité du premier avait été utilisée pour faire un virement de 750 euros à Hasna Aït Boulahcen, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud, afin qu'elle lui trouve une planque en région parisienne.