Une association de victimes de l'attentat de Nice lance un appel aux dons

A Nice, le mémorial en hommage aux victimes de l\'attentat du 14 juillet
A Nice, le mémorial en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet (LP/YANN FOREIX / MAXPPP)

L'association "Promenade des anges", qui porte la voix des victimes de l'attentat du 14 juillet, a expliqué vendredi sur franceinfo les raisons de cet appel à la générosité.

Après l'attentat de Nice le 14 juillet qui a fait 86 morts, l'association "Promenade des anges" lance un appel aux dons. Vincent Delhomel-Desmarest, un restaurateur qui était présent sur la promenade des Anglais au moment de l'attaque et secrétaire général de l'association, s'en est expliqué vendredi sur franceinfo.  

franceinfo : pourquoi lancez-vous cet appel à la générosité ?

Certains d'entre nous vont se retrouver en fracture sociale, il y a encore plus de 200 hospitalisés. Si, à la souffrance physique et psychique, on rajoute les soucis matériels, cela devient très compliqué. On est 69 millions, si chacun d'entre nous donne un euro multiplié par 69 millions cela fait 69 millions d'euros.

Il existe pourtant un fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme? Cela ne suffit pas ?

Les pouvoirs publics se mettent en place. Le fonds de garantie étudie les dossiers, mais il va sûrement rester des sommes qui seront à la charge des personnes hospitalisées aujourd'hui. Par exemple, il y aura besoin d'aménagement de salle de bains, de barre de maintien, tout cela paraît idiot mais tout ne sera pas pris en charge par la sécurité sociale.

Qui est indemnisé ? Qui est considéré comme victime ?

C'est une grande question. C’est une question soulevée entre le parquet de Paris et le fonds de garantie. Sont reconnus victimes tous nos proches décédés, les blessés graves. Mais il y a la question des blessés sévères psychologiques. Ces personnes se retrouvent en fracture sociale et sont en arrêt maladie. Il y a beaucoup de choses à faire pour eux également.

Un hommage national sera rendu à Nice, qu'en attendez-vous ?

On veut que cela soit un moment de réunion nationale, de dignité, et de partage, que nous ne vivions pas le même fiasco que la minute de silence [ le 18 juillet ] où certains de nos compatriotes se sont permis de siffler, de huer les représentants de l'Etat et d'invectiver des ressortissants français du fait de leur religion. Cela nous a blessés encore plus que ce que nous vivions déjà. Nous avons rajouté du stress sur le stress, de la peine sur la peine.