Nice : Les familles des victimes espèrent "les faire revivre par le biais de cet hommage national"

Les familles des victimes sont venues déposer des roses blanches à l\'annonce des noms de leurs proches.
Les familles des victimes sont venues déposer des roses blanches à l'annonce des noms de leurs proches. (ERIC GAILLARD / AFP)

Trois mois après l'attentat de Nice, le 14 juillet, un hommage national est organisé sur la Promenade des Anglais. Les familles des victimes se sont exprimées à travers une lettre, lue par Cindy Pelligrini, qui a elle-même perdu six membres de sa famille ce jour-là.

La cérémonie d'hommage national aux victimes de l'attentat du 14 juillet a débuté à Nice, ce samedi 15 octobre, par la lecture d'une lettre rédigée par les familles des victimes. Elle a été lue par Cindy Pellegrini, une jeune femme qui a perdu six membres de sa famille il y a trois mois sur la Promenade des Anglais, et également membre de l'association Promenade des Anges. Sa voix digne et claire a porté "la tristesse indéfinissable".

"En ce 14 juillet 2016, vous vouliez simplement admirer le ciel et non pas le rejoindre. Votre tort, notre tort ? Vouloir être en famille, entre amis, à la terrasse d'un café ou d'un restaurant. Votre tort, notre tort ? Vouloir profiter de cette belle fête nationale qu'est le 14 juillet, cette date si symbolique qui a consacré trois principes fondamentaux de notre République. 'Liberté, Égalité, Fraternité' a pris tout son sens ce soir là.

Liberté : ce soir là vous vous sentiez libres, libres de vivre, libres de profiter d'une belle soirée d'été dans cette célèbre baie qui porte désormais si bien son nom: 'la baie des anges'.

Égalité : ce soir là vous étiez tous égaux, chrétiens, juifs, musulmans, de toute nationalité face à ce camion fou qui vous a emporté dans un monde sûrement bien meilleur que le nôtre.

Fraternité : ce soir-là ce mot a pris tout son sens. Des pompiers, des soignants, des gendarmes, des policiers mais aussi des hommes qui par leur acte héroïque, leur aide, ont permis de sauver des centaines de vie. Nous, les familles des victimes, nous vous en remercions."

"Comment vivre ?"

"Aujourd'hui, Nice et la France entière pleurent 86 victimes. Nous pensons également aux personnes encore hospitalisées. Notre tristesse est indéfinissable. Nous voulons par cet hommage que chacun d'entre vous imaginiez une minute cette situation.

Comment vivre avec ces blessures physiques, comment vivre avec ces blessures morales, comment vivre suite à la perte d'un enfant, d'une épouse, d'un mari, d'une maman, d'un papa. Comment vivre suite à la perte d'une soeur, d'un frère, d'une mamie, d'un papi. Comment vivre lorsqu'on a perdu plusieurs membres de sa famille, ces êtres si chers à notre coeur, que l'on aime plus que tout. Votre réponse : 'impossible'. Et pourtant c'est ce que nous vivons chaque jour depuis ce 14 juillet 2016. Nos proches étaient la joie de vivre. Ils ne demandaient qu'à faire vivre et à faire perdurer ces trois principes, de liberté, d'égalité et de fraternité.

Aujourd'hui, nous nous devons de ne jamais les oublier (...) afin qu'ils continuent à vivre avec nous et en nous. Une simple pensée remplie d'émotion et d'amour peut les fait revivre, ne serait-ce qu'un instant. Nous, familles de victimes, espérons par le biais de cet hommage national, les faire revivre grâce à vous tous ici. Nous pensons à eux à chaque instant mais nous espérons au plus profond de notre coeur que désormais chaque 14 juillet chacun d'entre vous admirera le ciel en pensant que chaque étoile qui brille est une vie brisée à jamais."

"Chaque étoile qui brille est une vie brisée à jamais" (Cindy Pelligrini, membre de la Promenade des Anges)
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