Attaque au couteau à Trappes : pourquoi il faut se méfier de la revendication de l'Etat islamique

FRANCE 2

L'agence de propagande du groupe État islamique a revendiqué cette attaque. Pourtant, à en croire le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, l'assaillant avait plutôt le profil d'un "déséquilibré" que celui d'un homme "engagé" auprès d'une organisation terroriste.

Très rapidement après l'attaque au couteau survenue à Trappes (Yvelines), ce jeudi 23 août au matin, l'agence de propagande du groupe État islamique a revendiqué cette attaque. Pourtant, à en croire le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, l'assaillant – certes fiché et condamné pour "apologie du terrorisme" – présentait des "problèmes psychiatriques importants" et avait plutôt le profil d'un "déséquilibré" que celui d'un homme "engagé" auprès d'une organisation terroriste : la piste d'un différend familial est étudiée, le parquet antiterroriste n'est d'ailleurs pas saisi de l'affaire pour l'instant.

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Face à de tels élements, que penser de cette revendication ? "Les gens qui s'expriment au nom de l'État islamique font de la propagande, pas de l'information, analyse Alban Mikoczy, journaliste à France 2. Leur objectif, c'est de faire parler d'eux, de montrer que leur cause survit aux défaites militaires."

Des revendications parfois "opportunistes"

"Longtemps, le groupe Etat islamique présentait des vidéos dans lesquelles l'auteur faisait allégeance avant de passer à l'acte, rappelle le spécialiste de politique étrangère. Ou alors, il y avait des liens solides trouvés par les enquêteurs." C'était le cas, notamment, lors des attentats de Barcelone en 2017. Mais l'organisation "revendique aussi des actions de manière opportuniste", note Alban Mikoczy. Dans le cas de la tuerie de Las Vegas (Etats-Unis), en octobre 2017, "rien n'a jamais permis de relier" l'assaillant, un retraité passionné d'armes à feu, avec le groupe Etat islamique.

"Il y a deux ou trois ans, j'aurais dit que l'Etat islamique ne publiait pas de revendications opportunistes mais depuis environ un an, force est de constater que ce n'est plus le cas", abonde le chercheur Romain Caillet sur son compte Twitter. Le spécialiste note que la "perte en crédibilité" des revendications de l'organisation semble coincider avec la mort de Rayan Mishaal, le fondateur d'Amaq, l'organe de propagande du groupe terroriste, en mai 2017.

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