Retour des jihadistes français : "Il faut que les mères soient rapatriées avec leurs enfants", estime une avocate pénaliste

Des hommes soupçonnés d\'être des combattants de l\'État islamique et leurs familles marchent dans un champ alors qu\'ils quittent l\'Irak, le 13 février 2019, lors d\'une opération des forces démocratiques syriennes dans l\'Est de la Syrie. Illustration
Des hommes soupçonnés d'être des combattants de l'État islamique et leurs familles marchent dans un champ alors qu'ils quittent l'Irak, le 13 février 2019, lors d'une opération des forces démocratiques syriennes dans l'Est de la Syrie. Illustration (FADEL SENNA / AFP)

Marie Dosé, avocate au barreau de Paris qui assiste plusieurs femmes détenues en Syrie, plaide pour leur rapatriement avec leurs enfants. 

"Ce rapatriement s'agissant du Kurdistan syrien est inéluctable", a estimé samedi 16 févier sur franceinfo Marie Dosé, avocate pénaliste au barreau de Paris, qui défend plusieurs femmes détenues en Syrie. "Le vrai problème, c'est qu'on a fermé les yeux, qu'on a plutôt surfé sur la vague de ceux qui pensaient 'il ne faut pas qu'ils rentrent', mais c'est dommage parce qu'on a raté un coche. Maintenant, je ne voudrais pas qu'on considère que l'État français va être fragilisé, va être en danger, du fait de ces rapatriements", a-t-elle poursuivi alors que la question des "revenants" est évoquée à la conférence internationale sur la sécurité, qui se tient en ce moment à Munich en Allemagne.

"Les enfants n'ont pas choisi d'être nés là-bas"

"J'assiste plusieurs femmes, et bien évidemment leurs enfants, et j'ai toujours considéré qu'il fallait les rapatrier. D'abord, parce que les enfants n'ont pas choisi d'être nés là-bas et d'être emmenés là-bas. Ils sont Français, et donc leur rapatriement est inéluctable, a estimé Marie Dosé. Il faut que les mères soient rapatriées avec leurs enfants". 

Ce sont des enfants qui ont pour 70% d'entre eux moins de cinq ans et qui n'ont pour univers que leur mère, en dehors de la guerre, du traumatisme et des bombardements. Donc cet arrachement n'est pas possible.Marie Doséà franceinfo

"Pour le reste, il y a deux solutions, estime Marie Dosé, soit on rapatrie les jihadistes hommes, soit on les 'livre', ou les Kurdes d'Irak les livrent, à la justice irakienne. Je ne peux pas, comme avocat, considérer que la justice antiterroriste irakienne est autre chose qu'une justice arbitraire". Selon l'avocate, "on parle de deux classes, s'agissant des enfants et de 40 à 50 adultes, alors qu'on a 70 600 détenus en France aujourd'hui."

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