Professeur décapité : le dessinateur Emmanuel Chaunu se dit "choqué" et appelle "enseigner le fait religieux" à l'école

Des policiers gardent l\'accès à la rue dans laquelle l\'assaillant qui a décapité un professeur a été abattu par les forces de l\'ordre, à Eragny (Val-d\'Oise), le 16 octobre 2020.
Des policiers gardent l'accès à la rue dans laquelle l'assaillant qui a décapité un professeur a été abattu par les forces de l'ordre, à Eragny (Val-d'Oise), le 16 octobre 2020. (ABDULMONAM EASSA / AFP)

"Ce qui est terrible, c'est qu'on se dit qu'il faut faire de la pédagogie. Et c'est justement ce que faisait ce professeur d'histoire et on l'a assassiné", a déploré Emmanuel Chaunu.

"Ce soir, je suis particulièrement choqué", a réagi vendredi 16 octobre sur franceinfo Emmanuel Chaunu, caricaturiste et dessinateur de presse, après qu'un enseignant a été décapité devant un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Le professeur d'histoire-géographie avait montré pendant l'un de ces cours, il y a une semaine les caricatures de Mahomet à ses élèves âgés de 13 ans. Ce qui avait provoqué une vive émotion au sein de l'établissement et dans la commune.

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"Je suis fils d'un professeur d'histoire et j'ai grandi avec les caricatures, raconte Emmanuel Chaunu, il y a un lien très fort entre les caricaturistes et les manuels d'histoire. Rappelez-vous le dessin de Caran d'Ache, l'affaire Dreyfus. On avait dans nos livres d'histoire des dessins qui montrent des événements historiques. Le dessin de presse il accompagne l'histoire."

Emmanuel Chaunu s'est dit "triste et très réaliste". "Au moment de Charlie (de l'attentat), on m'a envoyé en Bretagne devant 500 élèves, c'était à Rennes, pour pouvoir parler de la caricature. Et j'ai vu des jeunes qui ne comprenaient pas l'esprit de la caricature et qui était contre. J'ai mesuré que cette jeunesse, qui ne passe pas forcément à l'acte, n'a pas connaissance du fait religieux, ne connaît pas l'histoire. Ce qui est terrible, c'est qu'on se dit qu'il faut faire de la pédagogie. Et c'est justement ce que faisait ce professeur d'histoire et on l'a assassiné", a souligné Emmanuel Chaunu.

Il va falloir qu'on enseigne quand même le fait religieux.Emmanuel Chaunuà franceinfo

Emmanuel Chaunu a ajouté que l'on est "un pays laïc". Mais selon lui, "la laïcité, ce n'est pas fermer les yeux sur cette idée. Il va falloir qu'on enseigne quand même le fait religieux. C'est une des recettes". Le dessinateur a aussi adressé "une pensée pour tous les musulmans de France qui ont honte parce qu'on vient encore de cracher à la face du prophète et d'Allah".

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