Police scientifique : "Nous sommes de plus en plus sollicités", "même sur les drames de la vie courante"

Deux policiers, à Paris, le 18 juin 2012. (Photo d\'illustration)
Deux policiers, à Paris, le 18 juin 2012. (Photo d'illustration) (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Frédéric Dupuch, chef du service central de la police technique et scientifique, est revenu, vendredi sur franceinfo, sur sa prise de fonctions ainsi que l'augmentation du recours aux méthodes scientifiques dans les enquêtes.

La police scientifique française change d'organisation pour s'adapter à l'augmentation exponentielle du recours aux méthodes scientifiques dans les enquêtes ces dernières années. Le service central de la police technique et scientifique (SCPTS), créé début avril, remplace la sous-direction de la police technique et scientifique. Son responsable, Frédéric Dupuch, a pris ses fonctions vendredi 28 avril. Il a expliqué, vendredi sur franceinfo, que "la police scientifique accompagne les investigations les plus larges, même les petits drames de la vie courante".

franceinfo : À quoi sert cette évolution de la police scientifique ?

Frédéric Dupuch : La police criminelle a été créée pour accompagner les investigations criminelles. Ce sont celles dont on parle le plus dans les médias, comme les vols à main armée, les viols ou encore le terrorisme. Cependant, notre métier a changé avec les fichiers informatiques automatisés, par exemple. Le fichier empreintes digitales date de 1990 et le fichier des empreintes génétiques de l'an 2000. Les progrès scientifiques permettent, aujourd'hui, de trouver un profil génétique à partir d'une simple trace de contact sur un téléphone que vous tenez dans la main. Autrefois, il fallait du sang, du sperme ou de la salive. Nous sommes de plus en plus sollicités en matière d'ADN, de technologies numériques, notamment pour tracer des individus à partir d'images, et dans le domaine de la toxicologie en relation avec la sécurité routière.

Toutes les grandes affaires ont-elles eu recours à la police technique et scientifique ?

C'est certain. Jeudi 27 avril, un fonctionnaire de police a été blessé à La Réunion. Un policier de la police scientifique est parti sur place pour faire des relevés, puis des analyses. Le meurtre de Xavier Jugelé par un terroriste a amené à travailler sur la téléphonie, la balistique, les traces papillaires ou l'ADN. Les arrestations en région marseillaise de deux suspects préparant des actes de terrorisme ont amené des expertises en matière d'explosifs également. La police scientifique accompagne les investigations les plus larges, même les petits drames de la vie courante. Un cambriolage ou des dégradations peuvent entraîner le déplacement d'une équipe de la police scientifique.

Cette police scientifique attire-t-elle beaucoup de candidats ?

Nous avons un succès énorme. À la fois pour intervenir dans des milieux universitaires, mais aussi dans les médias. On reçoit des candidatures spontanées tous les jours. Les concours font un travail de sélection très fin, car on a vraiment énormément de candidats.

Votre métier n'est pas l'image d'Épinal qu'offre par exemple la fameuse série "Les Experts" ?

Contrairement à ce qu'on voit à la télévision, le métier de police scientifique ne fait que de la police scientifique. Entre l'acteur de police scientifique et l'enquêteur, c'est un duo, même s'ils ne se voient pas. L'enquêteur va travailler sur le vol à main armée. Une équipe de la police scientifique va faire des prélèvements, les analyser, une autre équipe va travailler sur les fichiers pour voir si les éléments retrouvés permettent de trouver des identités. C'est une chaîne d'efficacité. L'enquêteur qui est aussi tireur d'élite, plongeur sous-marin, biologiste, chimiste et expert en arts martiaux, ça n'existe pas. Ce sont des métiers différents.

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