Menace terroriste : "Les dispositifs en uniforme ont une véritable utilité" et peuvent dissuader les passages à l'acte

Patrouille de police sur les Champs-Elysées, à Paris, le 30 décembre 2016.
Patrouille de police sur les Champs-Elysées, à Paris, le 30 décembre 2016. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Le secrétaire général du syndicat de policiers Synergie-Officiers, Patrice Ribeiro, a expliqué, samedi sur franceinfo, l'utilité des patrouilles "même si ça peut être anxiogène".

Près de 100 000 policiers gendarmes et militaires seront présents, samedi 31 décembre, dans l'Hexagone pour assurer la sécurité lors de la soirée du Nouvel An. Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de policiers Synergie-Officiers, invité de franceinfo samedi matin, parle d'un rôle de "dissuasion" de la part des policiers. Pour lui, les terroristes "ne sont pas des professionnels".

franceinfo : Comment agissons-nous, très précisément, face à la menace terroriste ?

Patrice Ribeiro : C'est un travail de fond. Il y a des collègues qui travaillent sur l'investigation, sur le recueil des renseignements, son analyse. Il y a aussi les mesures de dissuasion. On voit bien que les attentats, comme à Berlin, n'aurait peut-être pas eu lieu s'il y avait eu une présence policière ou militaire renforcée, qui dissuade. Nous avons affaire à des gens qui, pour l'instant, ne sont pas des professionnels. Ces dispositifs peuvent dissuader ce type de personne de passer à l'acte. C'est important d'avoir une saturation de l'espace public par des uniformes, par des policiers, par des gendarmes.

Comment luttons-nous contre des camions béliers ?

Il y a des dispositifs aux abords des grands rassemblements. Ils consistent à contrôler de manière aléatoire l'identité ou les sacs. Il y a aussi des dispositifs, comme à Strasbourg, où sont installés des pavés pour que les véhicules ne puissent pas passer. Les ponts sont sécurisés et des barrages sont mis en place. Tout cela, même si ça peut être anxiogène pour nos concitoyens, participe à la sécurisation de lieux qui sont susceptibles d'être frappés. Les dispositifs en uniforme ont une véritable utilité face à des gens qui ne sont pas nécessairement sûrs d'eux. Au-delà de ces dispositions, il y a des collègues en civils. Ils essaient de voir tout comportement susceptible de pouvoir attirer l'attention. L'essentiel est que les gens puisse faire la fête en toute sécurité, nonobstant la menace terroriste qui pèse sur la France.

Le dispositif Sentinelle, opérationnel depuis le 12 janvier 2015, est-il tenable à long terme ?

Non, il ne l'est pas. D'une part, parce que les militaires ne sont pas des vigiles. Ce sont des gens qui sont formés pour travailler dans un certain contexte. Ce n'est pas le contexte de l'opération Sentinelle. Certains attentats ont laissé penser que la sécurisation de sites sensibles devaient se faire avec des militaires ou des policiers. Tout ces dispositifs, petit à petit, font l'objet de substitution, soit par des patrouilles aléatoires soit par des entreprises privées. Compte-tenu de l'état et de la durée de la menace, il faut reconfigurer le dispositif. Nous avons, au moins, pour une dizaine d'années. Sentinelle a vécu, mais ils ne pourra pas être prorogé dans les conditions que nous connaissons actuellement.