Soupçons de chantage contre le roi du Maroc : les deux journalistes français présentés à un juge

Le roi du Maroc Mohammed VI lors du discours du directeur général de PSA Peugeot Citroen, le 19 juin 2015, au palais royal de Rabat (Maroc). 
Le roi du Maroc Mohammed VI lors du discours du directeur général de PSA Peugeot Citroen, le 19 juin 2015, au palais royal de Rabat (Maroc).  (FADEL SENNA / AFP)

Un "deal financier" a bien eu lieu entre le Maroc et les deux journalistes français, indique l'avocat de Catherine Graciet, vendredi 28 août.

Eric Laurent et Catherine Graciet ont été déférés devant la justice, vendredi 28 août, pour être présentés à un juge d'instruction en vue de leur éventuelle mise en examen. Les deux journalistes sont soupçonnés d'avoir demandé 3 millions d'euros au roi du Maroc Mohammed VI, en échange de quoi ils auraient annulé la sortie d'un livre à charge. Mercredi, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour tentative d'extorsion de fonds et tentative de chantage.

> Quatre questions sur les deux journalistes soupçonnés d'avoir fait chanter le roi du Maroc

L'affaire a été révélée peu après l'arrestation des deux journalistes, qui venaient de se faire remettre de l'argent lors d'un rendez-vous organisé à Paris avec un représentant du Maroc. Ils sont soupçonnés d'avoir voulu faire chanter le roi du Maroc Mohammed VI avec des informations supposées gênantes.

Un avocat dénonce "une logique de stratagème" du Maroc

Un "deal financier" a bien eu lieu entre le Maroc et les deux journalistes français, indique Eric Moutet, avocat de la journaliste Catherine Graciet. Mais il rappelle que "le contexte du dossier est très troublant : le royaume marocain a des comptes évidents à solder avec Catherine Graciet et un nouveau livre sur l'entourage du roi est en préparation au moment où le deal financier se met en place".

De son côté, l'avocat du roi du Maroc Eric Dupond-Moretti raconte qu'Eric Laurent a contacté le cabinet royal, le 23 juillet, pour demander une rencontre car il préparait un livre. Un représentant du cabinet du roi, un avocat marocain, a rencontré le journaliste. "Et là, surprise, énorme", poursuit l'avocat, "Eric Laurent dit 'écoutez, je prépare un livre avec Mme Graciet, co-auteure, et moyennant trois millions d'euros, il n'y a pas de polémique, on retire notre bouquin'".

Face à ces accusations, l'avocat Eric Moutet répond que le Maroc a mis en place "une logique de stratagème"et que "c'est précisément l'avocat mandaté par le roi qui piège les journalistes par des enregistrements sauvages".

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