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Seine-et-Marne : ce que l'on sait de l'homme qui a foncé sur une pizzeria à Sept-Sorts

Des riverains se recueillent à Sept-Sorts (Seine-et-Marne), le 15 août 2017, après qu'une voiture a fait un mort en fonçant sur la terrasse d'une pizzeria.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Il "avait absorbé une quantité importante de médicaments" et présente de "graves troubles" psychologiques, annonce le parquet de Meaux, au lendemain du drame qui a tué une adolescente et blessé 13 personnes. 

Un conducteur a tué une adolescente et blessé 12 personnes en fonçant, dans la soirée du lundi 14 août, sur une pizzeria à Sept-Sorts, un village de Seine-et-Marne. Il a été mis en examen mercredi soir, pour meurtre aggravé, tentative de meurtres, dégradations par un moyen dangereux et conduite sous l'emprise de stupéfiants, a indiqué Dominique Laurens, la procureure de Meaux. L'homme, David P., a été placé en détention provisoire, a-t-elle précisé. Voici les principaux éléments à retenir sur ce conducteur. 

La piste terroriste "totalement écartée"

Le "mobile terroriste est totalement écarté" a confirmé Eric de Valroger, mardi 15 août. Le parquet et le ministère de l'Intérieur avaient écarté dès lundi soir une piste terroriste, moins d'une semaine après l'attaque à la voiture-bélier contre des militaires à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Le mobile "très confus" d'un homme avec un "syndrome dépressif"

Le conducteur de la voiture qui a délibérément foncé sur la pizzeria, affirme qu'il a choisi ce restaurant car il était "facile d'accès, sans protection ni sécurité particulière." "Il n'a aucun contentieux avec le propriétaire des lieux et ne connaissait pas les victimes présentes", a précisé le procureur-adjoint, mardi 15 août. L'homme, qui habite non loin de la pizzeria, "connaît particulièrement ces lieux" précise le procureur-adjoint, mais il dit s'être décidé peu de temps avant le drame : "Il avait prévu d'aller à Paris."

Les auditions du suspect "s'avèrent très compliquées, floues", a indiqué le magistrat, relevant qu'il tient des "propos incohérents". L'homme apparaît "très confus quant au mobile" selon le procureur-adjoint. Ce dernier évoque aussi un "délire de persécution" chez le suspect qui se croit surveillé par les gendarmes. "Il explique que s'il commet un acte qui lui permet d'aller en prison il sera en sécurité", précise aussi Eric de Valroger.

Avant de se jeter sur la pizzeria avec son véhicule, l'individu "avait absorbé une quantité importante de médicaments", a indiqué le procureur-adjoint. "Il explique cette absorption massive qu'il envisageait de se suicider, tout en sachant que ces médicaments ne servaient pas à mettre fin à ses jours et, dans un deuxième temps, il explique que c'est pour mieux dormir", précise-t-il. L'homme n'était pas suivi pour des troubles psychiatriques, et le premier examen psychiatrique effectué sur lui a mis en évidence "un syndrome dépressif moyen", mais a conclu à l'absence d'abolition ou d'altération du discernement, a déclaré la procureure de Meaux, Dominique Laurens, mercredi 16 août. "Sa responsabilité pénale est donc engagée", a-t-elle ajouté. 

Un test positif aux stupéfiants

Le suspect est également un "très gros" consommateur de stupéfiants, qui a commencé à en prendre à l'âge de 9 ans. Eric de Valroger a précisé mardi que le suspect a été soumis à deux tests : un test d'alcoolémie, négatif, et un test urinaire pour détecter l'usage de stupéfiants, qui s'est révélée positif. Ce dernier doit encore être confirmé par une analyse sanguine.

Déjà condamné pour des infractions routières

Inconnu des services de renseignement, David P., a déjà fait l'objet de condamnations pour des infractions au code de la route et conduite en état d'ivresse, a appris franceinfo auprès d'une source proche de l'enquête. 

Ce jeune homme "avait beaucoup de diplômes mais ne parvenait pas à trouver du boulot. Dernièrement, il avait travaillé dans le gardiennage", a raconté à l'AFP une voisine, Elise Brunet, dont les enfants sont amis avec lui.