Blagnac : le preneur d'otages mis en examen et écroué

Des policiers surveillent le bureau de tabac pendant la prise d\'otages, le 7 mai 2019 à Blagnac (Haute-Garonne).
Des policiers surveillent le bureau de tabac pendant la prise d'otages, le 7 mai 2019 à Blagnac (Haute-Garonne). (PABLO TUPIN / HANS LUCAS / AFP)

Yanis est mis en examen pour "séquestration de plusieurs otages en vue de l'exécution d'un ordre ou d'une condition, et des délits de menaces de mort sous condition, violences avec arme sans ITT et port d'arme de catégorie D".

Le jeune homme qui avait pris mardi en otage pendant plusieurs heures quatre femmes dans un bar-PMU de Blagnac (Haute-Garonne), près de Toulouse, a été mis en examen et écroué jeudi 9 mai, a indiqué le procureur de Toulouse Dominique Alzeari. Il est poursuivi pour "séquestration de plusieurs otages en vue de l'exécution d'un ordre ou d'une condition, et des délits de menaces de mort sous condition, violences avec arme sans ITT et port d'arme de catégorie D", a précisé le magistrat dans un communiqué. Il a été placé en détention provisoire.

"Il apparaît que le preneur d'otages déclare appartenir à un groupe d'activistes du mouvement des 'gilets jaunes' qui, par ce type d'actions, la présente en étant le premier acte, veut promouvoir grâce à l'écho médiatique, ce type de passage à l'acte afin de faire pression sur les pouvoirs publics", a poursuivi Dominique Alzeari. Mais, "à ce stade, aucun élément n'a permis de corroborer l'existence d'un tel groupe", selon le magistrat. Dès le début de la prise d'otages, Yanis, âgé de 17 ans et demi, s'était présenté comme "l'avant-garde armée du mouvement des gilets jaunes".

Un pistolet d'alarme et une caméra Go Pro

"Il était porteur d'une caméra Go Pro et armé d'un pistolet d'alarme, réplique d'un Beretta avec lequel il a tiré en l'air", selon le procureur. Ce type d'arme ne peut pas tirer de balles réelles. La gérante du bureau de tabac et sa fille ainsi que deux employées du commerce avaient été prise en otages mais ont indiqué ne pas avoir été "maltraitées". Le Raid avait été déployée et conduisait l'opération. Une première victime séquestrée puis les trois autres étaient libérées après plusieurs heures avant que le preneur d'otage ne se rende aux forces de l'ordre.

Le jeune preneur d'otages est connu de la justice "en raison de la commission de précédents délits", a rappelé jeudi soir le procureur. Notamment "pour des affaires de violences, sur les forces de l'ordre notamment, de vol, mais aussi pour sa participation en décembre à une manifestation de 'gilets jaunes', où il avait été interpellé", avait détaillé mardi soir le magistrat devant la presse. Il a laissé à son domicile "un courrier, où il semble assez dépressif, ou en tout cas préoccupé par son état de santé, et il fait une allusion au mouvement des 'gilets jaunes' mais en assurant que l'acte qu'il voulait commettre n'irait pas au-delà de cette démarche finalement un peu spectaculaire", avait relevé Dominique Alzeari. La piste terroriste avait rapidement été écartée par les enquêteurs. Les investigations vont désormais se poursuivre sous l'autorité d'un juge d'instruction.

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