VIDEO. Producteur passé à tabac par des policiers : "On est plus proche du lynchage que d'une bavure", estime Emmanuel Grégoire

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

Le premier adjoint à la mairie de Paris appelle la police à regagner d'urgence la confiance des citoyens en faisant le nécessaire dans ses rangs.

Appelé à réagir sur le passage à tabac d'un producteur de musique par des policiers à Paris, Emmanuel Grégoire estime samedi 28 novembre sur franceinfo qu'"on est plus proche du lynchage que d'une bavure". "Ce sera à la justice de décider des qualifications", rappelle le premier adjoint à la maire de Paris.

"Dans l'expression de bavure il y a une forme d'indulgence qui est désormais coupable. Je le dis la société doit avoir confiance en sa police, métier exigeant et difficile dont nous avons besoin", insiste l'élu.

Si la police veut qu'on lui fasse confiance elle doit aussi faire un gros travail sur elle-même.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris

à franceinfo

La première vidéo du passage à tabac dans le studio de Michel Zecler "était déjà très choquante parce qu'elle témoignait du caractère inacceptable. La deuxième l'est peut-être encore plus. Elle témoigne d'une forme de gêne, d'impossibilité des policiers à se contrôler eux-mêmes et c'est un témoignage de plus de la gravité de la situation", analyse Emmanuel Grégoire. Il reconnaît "que le métier de policier est incontestablement difficile, ils ont besoin de notre soutien, mais il faut que le ministère de l'Intérieur ouvre les yeux et que la police ouvre les yeux".

"Une peur fondamentale" pour chacun de nous

Emmanuel Macron a parlé de "honte". Une enquête est en cours. "Ses mots sont bienvenus. Il a pris conscience de l'immense émotion liée à cette affaire, apprécie Emmanuel Grégoire. Il y a un contexte d'un racisme incroyable, une violence immense et l'incapacité d'un collectif de policiers à gérer les choses et à dire à leurs collègues que cela suffit."

Ce passage à tabac renvoie "chacun de nous à une peur fondamentale dans le rapport à une autorité de l'État, estime Emmanuel Grégoire. Ces agents qui sont assermentés, qui représentent l'État bénéficient d'une forme de pouvoir extrêmement important." Cette affaire renvoie à certaines situations dans les quartiers difficiles, "où un certain nombre de gens disent que la police est disproportionnée dans son action et ment", a expliqué Emmanuel Grégoire. "Instiller le doute sur la parole de la police et la légitimité de ses interventions sape fondamentalement l'efficacité des politiques de sécurité publique", insiste-il, évoquant un "chantier urgent."

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