VIDEO. "On peut être arrêté pour avoir scandé un slogan" : Amnesty International pointe les entraves à la liberté de manifester

BRUT

Dans un nouveau rapport, Amnesty International estime que la liberté de manifester est menacée en France.

"Ce qu'on a constaté, c'est qu’on peut, aujourd'hui, être convoqué au commissariat, arrêté voire même condamné simplement pour avoir affiché un slogan ou pour avoir scandé un slogan en manifestation."

Amnesty International estime que la liberté de manifester est menacée en France par des lois trop vagues voire contraires au droit international. "Ce n'est pas anodin de rester enfermé de longues heures sans savoir ce qui va nous arriver, ce n'est pas anodin d'attendre un procès, on a déjà un sentiment d'injustice lié au fait qu'on a été arrêté alors qu'on n'a rien fait", estime Anne-Sophie Simpere, chargée de plaidoyer pour Amnesty International. Elle ajoute : "Il y a des coûts en termes de frais d'avocat, donc tout ça a un effet dissuasif, on peut renoncer à aller manifester pour cette raison."

Protéger les manifestants pacifiques

Amendes, interpellations massives, délit d'outrage ou de groupement, Amnesty International épingle dans un rapport l'arsenal juridique déployé pour réprimer les manifestations pacifiques. "Il faut protéger les manifestants qui viennent exprimer des revendications de manière pacifique. Et, en France, on constate que des milliers de personnes qui s'étaient rendues en manifestation ont fini en garde à vue sans avoir commis aucune violence", fustige Anne-Sophie Simpere.

L'ONG réclame un cadre juridique plus protecteur de la liberté de manifester. "Par exemple, il faut arrêter de criminaliser le fait d'organiser une manifestation non-déclarée. En droit international, une manifestation n'a pas à être déclarée pour être légale", souligne-t-elle.

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