Propos racistes attribués à des policiers : une enquête judiciaire ouverte et confiée à l'IGPN, annonce la procureure de Nanterre

Le parquet de Nanterre ouvre une enquête confiée à l\'IGPN sur des propos racistes attribués à des policiers, le 27 avril 2020. (photo d\'illustration)
Le parquet de Nanterre ouvre une enquête confiée à l'IGPN sur des propos racistes attribués à des policiers, le 27 avril 2020. (photo d'illustration) (JEAN-BAPTISTE QUENTIN / MAXPPP)

Une première enquête, administrative, a déjà été confiée à l'IGPN par la Préfecture de Paris pour des faits d'injures racistes révélés sur les réseaux sociaux dimanche 26 avril. 

La Procureure de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine) a annoncé, lundi 27 avril sur franceinfo, l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) - la police des polices - après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant des policiers tenir des propos racistes sur un homme qu’ils viennent d’interpeller. Le préfet de police de Paris avait déjà ouvert une première enquête administrative, également confiée à l’IGPN.

"Nous allons ouvrir, non pas une information judiciaire, mais une enquête, effectivement, qui va être confiée à l’IGPN dans la journée", a indiqué sur franceinfo Catherine Denis, la procureure de la République de Nanterre. 

Il s’agit, de dérapages, je dirais, individuels, qui, s’ils sont commis, doivent être sanctionnés. Mais ça ne fait pas non plus jeter le discrédit sur toute l’action de la police qui fait quand même un très gros travail.Catherine Denis, procureure de la République de Nanterreà franceinfo

"Je dois dire qu’il faut analyser de manière précise cette vidéo pour savoir exactement ce qu'il en est. Mais effectivement, nous allons ouvrir une enquête judiciaire parce que les propos que l'on entend sur cette vidéo, s’ils sont bien le fait de policiers, ne sont pas acceptables et révèlent une attitude qui manque de professionnalisme et qui risque de jeter le discrédit sur l’action de la police"

Des faits "relativements simples"

Interrogée sur l’opportunité d’ouvrir une information judiciaire qui serait confiée à un juge d’instruction, et non pas à l’IGPN, la procureure de la République de Nanterre a répondu que ce n'était pas prévu pour le moment. "ll y aura une enquête judiciaire confiée à l’IGPN, qui est le service qui est habituellement saisi lorsque des infractions sont commises par des fonctionnaires de police", a détaillé Catherine Denis. L’enquête doit permettre d’"identifier les fonctionnaires de police et de vérifier la réalité des faits avant de saisir éventuellement un juge d’instruction", a indiqué la magistrate. Selon Catherine Denis, il s’agit de "faits relativement simples. S'ils sont avérés, cela ne nécessite pas forcément la saisine d'un juge d'instruction. Habituellement, nous procédons par voie d’enquête."

Dans la nuit de samedi à dimanche, sur L’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), des policiers ont été filmés discrètement par un riverain, alors qu’ils interpellaient un homme qui était visiblement tombé dans la Seine. On entend très clairement sur cette vidéo que le suspect est qualifié de "bicot"."Un bicot comme ça, ça nage pas", entend-on. "Haha ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied", entend-on également dans cette vidéo, partagée dimanche sur Twitter par le journaliste du site Là bas si j’y suis, engagé à gauche,Taha Bouhafs.

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