Marseille : deux policiers suspendus un mois après leur condamnation à quatre ans de prison pour violences contre un adolescent

Le tribunal correctionnel avait laissé à la hiérarchie des deux policiers le soin de décider d\'une éventuelle interdiction professionnelle. 
Le tribunal correctionnel avait laissé à la hiérarchie des deux policiers le soin de décider d'une éventuelle interdiction professionnelle.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Ils avaient été condamnés en mai pour avoir roué de coups un adolescent de 16 ans à Marseille en 2018.

Deux policiers marseillais condamnés à des peines de prison ferme en première instance pour avoir roué de coups un adolescent ont été suspendus, un mois après leur condamnation, a annoncé la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône, jeudi 11 mai. Cette décision intervient alors que l'avocate de la victime s'était émue le même jour dans 20 Minutes que les deux policiers soient toujours en fonction.

"Pourquoi on les a laissés sur le terrain ?" s'interrogeait Linda Sennaoui dans les colonnes du quotidien, indiquant avoir interpellé quelques jours plus tôt le ministre de l'Intérieur sur le sujet. Jusqu'à jeudi, les deux policiers continuaient en effet d'exercer leur métier, au sein de la Compagnie d'intervention et de sécurisation (CSI).

L'avocate estime que "c'est le coup de fil de la journaliste de 20 Minutes qui a précipité la suspension". La DDSP assure à l'AFP que le délai "correspond au temps de la procédure : ça ne se fait pas du jour au lendemain".

"Un délit grave", selon le tribunal

Ces deux policiers ont été condamnés mi-mai à quatre ans de prison, dont deux ferme, pour avoir roué de coups un adolescent de 16 ans, à Marseille en 2018. "Vous avez commis ce délit grave et menti au tribunal à l'audience" en niant les faits, avait souligné la présidente du tribunal. Les policiers ont toujours affirmé avoir poursuivi cette nuit-là un jeune homme, mais sans parvenir à le rattraper. 

Le tribunal correctionnel avait laissé à la hiérarchie des deux policiers le soin de décider d'une éventuelle interdiction professionnelle. Aucun mandat de dépôt n'ayant été prononcé à l'audience, ils étaient repartis libres et ont fait appel du jugement. "L'appel est suspensif et mes clients sont présumés innocents", rappelle dans 20 Minutes leur avocat, Laurent-Franck Lienard.

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