Dans la police, un groupe de travail cherche une technique alternative pour remplacer la clé d'étranglement

Menottes et insigne de police posé à terre en signe de protestation, le 14 juin 2020. Des policiers s\'estiment stigmatisés dans un contexte de manifestations contre le racisme et les violences policières.
Menottes et insigne de police posé à terre en signe de protestation, le 14 juin 2020. Des policiers s'estiment stigmatisés dans un contexte de manifestations contre le racisme et les violences policières. (GABRIELLE CEZARD / HANS LUCAS VIA AFP)

Le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner a annoncé l'interdiction de la clé d'étranglement pour les policiers lors des interpellations. Elle reste autorisée en attendant de trouver une technique alternative.

Policiers de terrain, formateurs, médecins. Un groupe de travail d'une quinzaine d'experts se réunit mercredi 1er juillet, il est piloté par Frédéric Lauze, ex-médiateur interne de la police nationale et directeur départemental de la sécurité publique du Val d'Oise. Ce groupe de spécialistes se réunit pour la troisième fois et se retrouve sur les tatamis pour, en quelque sorte, des travaux pratiques. Un policier spécialiste en arts martiaux doit proposer de nouvelles techniques d'interpellation pour remplacer la clé d'étranglement.

"Besoin de nouvelles techniques"

Le 8 juin, Christophe Castaner a annoncé la fin de cette technique d'interpellation, une méthode enseignée en école de police avec d'autres techniques de "sécurité en intervention" et que les syndicats refusent de voir disparaître sans alternative. "Pour que les policiers puissent travailler en toute sécurité, ils ont besoin de nouvelles techniques. Mais ils ont aussi besoin de formation continue" rappelle Christophe Rouget, secrétaire général du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). Pour lui, ce groupe de travail va dans le bon sens, à condition ensuite de former tous les policiers.

En attendant une alternative, la technique de l'étranglement reste autorisée avec "mesure et discernement", a rappelé le patron de la police nationale. Sans calmer la colère des policiers, qui s'estiment lâchés par leur ministère de tutelle en plein mouvement contre le racisme et les violences policières.

Au-delà des techniques d'interpellation, ce groupe de travail compte aussi aller à la rencontre de jeunes gardiens de la paix, et s'intéresser à la déontologie enseignée en école de police. "Lorsque vous avez un policier qui maîtrise les bonnes techniques qui a un entrainement, qui fait du sport, il sera plus serein au moment de son intervention, il sera plus sûr pour lui-même et pour nos concitoyens." explique Christophe Rouget. Les conclusions de ces travaux doivent être rendues avant la rentrée.

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