VIDEO. "13h15". Police : "Aujourd'hui, c'est le flic qui se cache, pas le délinquant. Il faut que la peur change de camp"

Un couple de policiers confronté au quotidien à la violence estime que le rapport police-délinquants n’est pas en faveur des forces de l'ordre. Il aimerait bien que "la fin de la récréation" soit sifflée… Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve  parle de "l’exaspération de voir une société incapable de juguler des formes de violences qui prennent des proportions inacceptables". Extrait de "13h15 le samedi" du 15 octobre.

"Ils sont en train de gagner, c’est sûr… Aujourd’hui, dans le rapport police-délinquants, ils ont clairement gagné. On n’a plus les moyens, les reins, la foi… pour tenir ça. C’est nous qui allons comme des pestiférés…" témoigne Thomas, un jeune policier en présence de sa compagne Sandrine, également dans la police.

"C’est le flic qui se cache, ce n’est pas le délinquant. Ce serait bien que la peur change de camp. Ce serait vraiment bien de siffler la fin de la récréation", précise-t-il pendant que la jeune femme acquiesce. Pour sa sécurité, le couple a modifié ses habitudes au quotidien et tente de concilier la vie de famille et le métier de policier.

"C’est dans un sursaut national qu’une réponse se trouve", selon le ministre de l'Intérieur

Alors, la peur a-t-elle changé de camp ? "La peur n’a pas changé de camp, répond le ministre de l’Intérieur au magazine '13h15 le samedi'. Ce qui a gagné, c’est l’exaspération de voir une société incapable de juguler des formes de violences qui prennent des proportions inacceptables. Lorsqu’il y a une telle violence et qu’autant de limites ont été franchies, c’est dans un sursaut national qu’une réponse se trouve. Ce n’est pas simplement dans les décisions que peut prendre l’Etat, même si celles-ci sont le début de tout."

"On pourra mettre toutes les forces du monde dans la police et la gendarmerie… Si les éducateurs ne jouent par leur rôle d’éducateur, s’il n’y a pas de la part des parents une prise en compte de leurs responsabilités, s’il n’y a pas une culture du respect dans la société française… C’est tout cela qui permet d’éviter que la violence ne se développe", précise Bernard Cazeneuve.

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