TEMOIGNAGE FRANCE 3. "Non, ça ne fait pas partie du métier qu'on se fasse lyncher" : un policier agressé à Lyon, hors de son service, témoigne

Il raconte avoir été roué de coups alors qu'il rentrait à son domicile, dans la nuit de samedi à dimanche, et s'est vu prescrire 45 jours d'ITT. Trois personnes, dont deux adolescents, ont été mises en examen.

Il dit avoir cru "que c'était la fin, que de toute façon [il] ne se relèverait pas". Un policier de 34 ans a été agressé, dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 juin, alors qu'il n'était pas en service et rentrait chez lui avec sa compagne, à Lyon. Une enquête a été ouverte, et trois personnes ont été mises en examen pour "violences volontaires", a annoncé le parquet mercredi. Toujours hospitalisée, la victime témoigne pour la première fois, jeudi 18 juin, devant les caméras de France 3. 

Le jeune homme voit dans son agression une manifestation d'une violence grandissante envers les policiers "Quand j'en parle autour de moi on me dit 'Mais c'est comme ça, tu as signé, ça fait partie du métier'. Non, ça ne fait pas partie du métier de se faire insulter tout le temps, qu'on se fasse lyncher."

Des jeunes "que je croise tous les jours"

Selon le procureur de Lyon, le policier raconte qu'il a d'abord manqué de se faire percuter par un véhicule, à 4 heures du matin dimanche, avant d'être traité de "sale flic" par son conducteur et le passager. Le parquet affirme qu'un premier échange de coups a alors eu lieu, puis que les deux automobilistes sont allés chercher une dizaine d'autres personnes, qui s'en sont pris au policier.

Ce dernier dit avoir reçu "une quarantaine de coups", visant "surtout la tête", et avoir "cru qu'[il] allait devenir tétraplégique". Il présente finalement "plusieurs fractures à la cheville, une luxation du talon d'Achille et de nombreuses ecchymoses sur tout le corps" et s'est vu prescrire une incapacité totale de travail de 45 jours, selon le parquet. Sa compagne, également présente, a reçu un coup à la clavicule qui lui a valu une ITT de trois jours.

"C'étaient les jeunes du quartier, que je croise tous les jours, et avec qui j'ai déjà eu affaire dans le passé" pour des affaires de vol ou de trafic, affirme également ce policier. Les trois personnes mises en examen, dont deux sont mineures, ont reconnu "leur présence sur les lieux" mais "en minimisant leur participation, et en contestant avoir connu la qualité de policier de la victime", a relaté le procureur mercredi.

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