Policiers agressés à Viry-Châtillon : ce que l'on sait de l'enquête qui a permis l'interpellation de 11 personnes

Le véhicule de police visé par un jet de cocktails Molotov le 8 octobre 2016 à Viry-Châtillon (Essonne).
Le véhicule de police visé par un jet de cocktails Molotov le 8 octobre 2016 à Viry-Châtillon (Essonne). (THOMAS SAMSON / AFP)

Le 8 octobre 2016, quatre policiers ont été agressés au cocktail Molotov dans cette ville de l'Essonne.

Onze suspects ont été interpellés puis placés en garde à vue, mardi 17 janvier, à Grigny (Essonne). Un douzième a été arrêté mercredi avant d'être relâché dans la soirée. Ces interpellations constituent une étape de l'enquête, qui devra établir les véritables responsabilités de chacun dans l'agression, le 8 octobre 2016, de quatre policiers au cocktail Molotov, à Viry-Châtillon, commune limitrophe de Grigny. Le policier le plus gravement touché lors de l'attaque, un agent de sécurité de 28 ans, est sorti à la mi-décembre de l'hôpital Saint-Louis, à Paris.

Franceinfo résume ce que l'on sait de l'enquête.

Comment les interpellations ont-elles eu lieu ?

Les interpellations de mardi matin se sont déroulées dans le calme. Neuf ont eu lieu à l'aube dans la cité de la Grande Borne, située à cheval sur les communes de Viry-Châtillon et de Grigny, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris. Les deux autres arrestations ont eu lieu à Etampes, dans le sud de l'Essonne, et dans une commune de Seine-et-Marne. Il s'agit de Meilleray, selon les informations de franceinfo.

L'opération a mobilisé une quarantaine d'enquêteurs de la Sûreté départementale, appuyés par des CRS. Une dizaine de camions de CRS sont restés postés au niveau du carrefour où avait eu lieu l'attaque. Les perquisitions ont permis de saisir des téléphones portables et du matériel informatique.

Qui sont les personnes interpellées ?

Les onze interpellés sont "susceptibles d'avoir participé aux faits", a déclaré le procureur de la République d'Evry, Eric Lallement, lors d'une conférence de presse, à laquelle franceinfo a assisté. Ils sont âgés de 17 à 20 ans. Deux sont mineurs et neuf sont majeurs. Parmi eux, quatre étaient mineurs au moment des faits.

L'un des individus interpellés a déjà été arrêté de nombreuses fois et condamné par le tribunal pour enfants pour des violences volontaires. Deux autres personnes sont, par ailleurs, mises en examen par le tribunal de Créteil et placées sous contrôle judiciaire dans une autre affaire, a indiqué Eric Lallement, sans en préciser la nature.

Les huit autres jeunes hommes ont tous déjà été arrêtés par la police, mais pour des affaires de moindre gravité. "Sauf si un alibi solide apparaît pour un ou plusieurs suspects le jour des faits, nous irons a priori pour tous au bout des 96 heures", durée maximale de la garde à vue pour ce type d'affaire, a indiqué à l'AFP une source policière. 

Outre ces onze interpellés mardi, deux mineurs ont été mis en cause dans cette affaire. Le premier est un adolescent de 17 ans, soupçonné d'avoir participé à la confection des cocktails Molotov utilisés pour l'attaque. Il a été mis en examen et écroué début décembre, avant d'être remis en liberté. Le second, âgé de 15 ans, soupçonné lui aussi d'avoir participé à la fabrication des engins incendiaires, a été placé sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre la mise en examen et l'état de simple témoin.

Comment ont-elles pu être interpellées ?

L'enquête, qui a duré plus de trois mois, a nécessité "une opération importante de porte-à-porte". Le "numéro vert [mis en place dans le cadre de l'appel à témoins] a aussi permis de fournir des éléments importants", a précisé Eric Lallement.

Le procureur de la République d'Evry a également souligné "les difficultés auxquelles les enquêteurs se sont trouvés confrontés, face au silence d'un certain nombre de personnes sollicitées".

D'autres éléments de l'enquête, présentée comme "minutieuse et précise", ont été obtenus grâce à des écoutes téléphoniques. "C'est une étape importante, stratégique, mais ce n'est qu'une étape", a commenté, prudent, Eric Lallement. Le contenu des téléphones portables et du matériel informatique saisis lors des perquisitions doit encore être analysé.

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