Attaque de la préfecture de police de Paris : la commission d'enquête fait 35 propositions pour répondre aux "failles" de sécurité

Mickaël Harpon, un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris qui a tué quatre de ses collègues, le 3 octobre 2019.
Mickaël Harpon, un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris qui a tué quatre de ses collègues, le 3 octobre 2019. (DR)

Les mots comme "sidération", "amateurisme" sont revenus fréquemment dans la bouche des membres de la commission, au cours de leurs travaux.

Le 3 octobre 2019, un agent de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), Mickaël Harpon, tuait à l'arme blanche quatre de ses collègues avant d'être abattu. Huit mois après, la commission d'enquête parlementaire sur cette attaque mortelle propose un arsenal de mesures destinées à répondre "aux failles" de sécurité de la préfecture de police. Ces propositions, au nombre de 35, font l'objet d'un rapport que la commission doit examiner, mercredi 10 juin, à huis clos.

Cette commission d'enquête de l'Assemblée nationale avait été créée pour examiner les dysfonctionnements ayant conduit à la tuerie. Les mots comme "sidération", "amateurisme" sont revenus fréquemment dans la bouche des membres de la commission lors de leurs travaux. Membres de la commission, du gouvernement, des services de renseignement ont reconnu "une faille grave" concernant la détection des signaux de radicalisation de Mickaël Harpon.

Vers une "refonte totale" de la DRPP ?

Face à la nécessité de rehausser les standards de recrutement au sein de la DRPP, la première proposition est de confier à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et au renseignement interne des armées (DRSD) le "rôle de chefs de file des recrutements au sein des services de renseignement". La commission n'est pas allée jusqu'à préconiser la suppression de la DRPP, mais elle suggère "à moyen terme" de la "repositionner au sein du renseignement intérieur selon deux scénarios possibles, allant de sa refonte totale au transfert a minima des activités de lutte contre le terrorisme vers la DGSI".

Concernant la détection des signes de radicalisation, la commission note que "la prise en compte du risque terroriste était principalement tournée vers l'appréhension de la radicalisation comme phénomène extérieur à la préfecture de police et non comme une menace de vulnérabilité interne". Mickael Harpon, qui s'était converti à l'islam, avait dit à ses collègues à propos de l'attentat de Charlie Hebdo : "C'est bien fait". Cet incident n'avait pas donné lieu à un signalement officiel.

Des signalements systématiques 

Depuis, des procédures ont été mises en place par la PP pour que les signalements soient systématiques et ensuite évalués. La commission préconise d'intensifier les efforts et les formations au sein des services de sécurité sur ces sujets.

Afin de renforcer les procédures de recrutement, elle propose en outre "d'étendre le champ des enquêtes administratives préalables au recrutement des personnels administratifs des administrations remplissant une mission de sécurité et des personnels civils dans les armées, afin d'assurer un contrôle de l'ensemble des personnels, même non habilités". Elle préconise aussi de renforcer les contrôles sur l'accès des intervenants extérieurs aux services d'administrations ayant une mission de sécurité, mais aussi aux établissements pénitentiaires.

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