Pédophilie : l'ex-directeur de l'école de Villefontaine s'est suicidé en détention

(Le groupe scolaire de Mas de la Raz à Villefontaine, en Isère © MaxPPP)

Romain Farina s'est donné la mort dans la nuit à la prison de Corbas, près de Lyon (Rhône). Il avait été mis en examen il y a un an pour le viol de plusieurs de ses élèves. Une enquête a été ouverte, annonce le ministère de la Justice.

L'ex-directeur de l'école de Villefontaine s'est suicidé en détention, selon les informations de France Bleu Isère. L'homme s'est pendu dans sa cellule. Son corps a été découvert ce matin. Le ministère de la justice annonce qu'une enquête est ouverte "pour établir les circonstances exactes du décès" du suicide de Romain Farina, explique la Chancellerie, dans un communiqué.  Et il précise que "l’individu faisait l’objet d’une surveillance particulière" dans la mesure où il avait déjà tenté de se suicider. 

Romain Farina avait été mis en examen et écroué le 25 mars 2015. Le suspect avait été mis en examen en mars 2015. Que lui reproche-t-on ? Des viols sur des élèves. L’ex-directeur de l’école de Villefontaine est accusé d’avoir imposé des fellations à deux fillettes de six ans dans des circonstances particulièrement horribles. Pendant un atelier du goût, les enfants, les yeux bandés, devaient identifier des choses que l’enseignant leur faisait goûter. Des agressions qui avaient été photographiées avec du matériel pré-positionné dans la salle de classe, avait précisé le parquet à l'époque, en révélant des aveux de l'intéressé. 

Une soixantaine de victimes recensées 

Deux semaines plus tard, l’enseignant avait été définitivement révoqué par la ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem. Au total, la justice a dénombré une soixantaine de victimes potentielles de l'enseignant dans les différents établissements où il a exercé. En guise d'explications, l'ex-directeur de l'école primaire de Villefontaine avait expliqué avoir reçu un traitement qui l'aurait "désinhibé". 

L'homme avait déjà un casier judiciaire rempli. En juin 2008, il avait été condamné à six mois de prison avec sursis et une obligation de soins pour avoir téléchargé des fichiers à caractère pornographique. Ce matin, Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la Justice, "apporte son entier soutien aux familles des victimes et présente par ailleurs ses condoléances à la famille du prévenu;" 

L'Etat poursuivi par un parent de victime pour "faute lourde"  

"Nos enfants ne seront jamais reconnus victimes parce que l'Etat ne les a pas protégés correctement, n'a pas fait ce qu'il fallait pour surveiller cette personne-là" a accusé Sébastien, père de l'une des jeunes victimes, au micro de France Bleu Isère, évoquant des "dysfonctionnements" du ministère de la Justice. "Comment vous voulez que j'explique à ma fille que la personne qui lui a fait du mal ne sera jamais condamnée? Que ceux qui sont censés la protéger, jusqu'au bout, ont failli à leur devoir?" a-t-il poursuivi, des sanglots dans la voix. "Nous allons attaquer l'Etat pour faute lourde", déclare Sébastien. "Une personne en prison pour pédophilie, qui a déjà essayé de mettre fin à ses jours, une surveillance continue est imposée par l'administration pénitentiaire. Qu'on ne vienne pas me dire que ça a été fait...".  

"Nous allons attaquer l'Etat pour faute lourde" Sébastien, papa d'une petite fille violée à Villefontaine au micro de Céline Loizeau
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