Pédophilie : 360 000 casiers judiciaires d'enseignants contrôlés depuis un an

L\'école \"Le Mas de la Raz\" à Villefontaine en Isère, dont le directeur a été mis en examen, en mars 2015 pour pédophilie. Photo prise le 24 mars 2015.
L'école "Le Mas de la Raz" à Villefontaine en Isère, dont le directeur a été mis en examen, en mars 2015 pour pédophilie. Photo prise le 24 mars 2015. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Après la mise en examen pour pédophilie, d'un enseignant de Villefontaine, en 2015, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Éducation nationale a fait voter une loi pour améliorer la coopération entre son ministère et la justice. Plusieurs enseignants ont déjà été écartés.

En mars 2015, la commune de Villefontaine en Isère, est sous le choc. Plusieurs fillettes d'une même école accusent le directeur de viols. L'enquête permet d'identifier une soixantaine de victimes potentielles dans les différents établissements où l'homme avait enseigné. Mis en examen, l'homme de 45 ans se suicide un an après, échappant à tout procès.

3 000 casiers judiciaires contrôlés chaque jour

L'affaire avait poussé la ministre, Najat Vallaud-Belkacem a faire voter une loi en avril 2016, pour une meilleure coopération entre son ministère de l'Éducation nationale et celui de la justice afin de repérer les cas suspects et contrôler tous les casiers judiciaires des enseignants français. Ce travail est en cours dans douze académies. Trois mille casiers sont contrôlés chaque jour, 360 000 depuis bientôt un an au total, soit un enseignant sur deux. Et depuis avril 2015, ces vérifications ont permis d'identifier dix personnes, enseignants ou autre personnels de l'Éducation nationale, qui continuaient à exercer, malgré des condamnations.

Deux enseignants condamnés pour pédophilie, définitivement radiés

Parmi cette dizaine de personnes, deux enseignants condamnés pour des faits graves de pédophilie ou de pédopornographie ont été définitivement radiés. Deux autres ont été suspendus temporairement (pour une période d'au moins deux ans), car ils ont été condamnés dans le passé pour des faits de violences sur majeur. Les six autres dossiers sont toujours en cours de traitement.

Depuis cette loi du 14 avril 2016, le ministre de la Justice est obligé de transmettre à l'Éducation nationale et au ministère de la Jeunesse et des Sports toutes les condamnations de personnes portant sur des infractions sexuelles, violentes, commises à l'encontre de mineurs. Mais comme ce n'était pas le cas avant, ces contrôles de casiers systématiques sont nécessaires aujourd'hui, répète Najat Vallaud-Belkacem. Un travail minutieux qui sera bientôt étendu à toutes les académies.

Vous êtes à nouveau en ligne