Pas-de-Calais : dix jours après sa découverte, le cadavre à la robe de chambre reste un mystère

Julie Henguelle et sa fille de 13 ans ont découvert un squelette à quelques mètres de la route.
Julie Henguelle et sa fille de 13 ans ont découvert un squelette à quelques mètres de la route. (CECILE BIDAULT / FRANCE BLEU NORD)

Un squelette humain dans une robe de chambre a été retrouvé par hasard à Helfaut, dans le Pas-de-Calais, le 16 mars. Pour le moment, l'identité de la personne reste un mystère.

Dix jours après la découverte, par hasard, d'un squelette humain dans une robe de chambre, près de la départementale 210 à Helfaut (Pas-de-Calais), les gendarmes de Saint-Omer ont entamé une enquête pour identifier cette victime, qui pourrait être morte depuis les années 1990, rapporte France Bleu Nord mardi 26 mars. Les ossements ont été découverts par une habitante d'Helfaut et sa fille, qui participaient à une opération de nettoyage de la nature.

La découverte remonte au 16 mars. Ce samedi là, Julie Henguelle et sa fille de 13 ans participent à une opération de nettoyage de la nature, le long de la départementale 210, tout près du centre hospitalier. Elles n'ont pas fait vingt mètres qu'elles tombent sur ce qui semble être une couverture, qu'elles soulèvent. En fait, c'est une robe de chambre, qui contient des ossements.

À deux mètres cinquante de la route

"On a vu les bras", raconte Julie, de retour sur les lieux. "On a vu aussi un bas de pantalon, comme un bas de pyjama, d'où sortait aussi un os."

J'ai reconnu aussi les os du bassin. C'était donc des ossements humains, vraiment à deux mètres cinquante de la route !Julie Henguelleà France Bleu Nord

Beaucoup de questions se posent : le corps est-il là depuis longtemps ? Si oui, pourquoi personne ne l'a vu avant ? Tous les indices vont être exploités, notamment un sac découvert à proximité. Il contenait des pièces de monnaie, des francs, qui datent du début des années 90.

Les gendarmes de Saint-Omer sont chargés de l'enquête. Le squelette sera prochainement envoyé à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), basé à Pontoise (Val-d'Oise). Avec la densité osseuse, on pourra déterminer l'âge approximatif de la victime au moment de sa mort, et savoir si c'était un homme ou une femme. Les vêtements, étonnamment bien conservés, vont également faire l'objet d'analyses.

Une lueur d'espoir pour des familles de disparus

Les gendarmes veulent aussi déterminer s'il s'agit d'une affaire criminelle, et certaines traces sur les os peuvent aider à le savoir. Il y aura également un prélèvement d'ADN. Le chef d'escadron Jean-Philippe Teneur, chef du cabinet communication de la région de gendarmerie des Hauts-de-France, explique : "On va aller chercher, dans le fémur, un élément d'ADN, de manière à pouvoir le comparer à d'éventuels membres d'une famille qui auraient signalé une disparition".

Les gendarmes ont en effet reçu, depuis que le journal La Voix du Nord a publié un article sur ce squelette, une petite dizaine d'appels de personnes dont un proche a disparu sans laisser de traces.

Les gendarmes pourraient même éventuellement donner un visage à Monsieur ou Madame X : "On travaille sur la structure osseuse du crâne, en 3D", détaille le gendarme.

Par couches successives, on arrive à reconstituer une identité approchante de ce qu'était le visage de la victime. Après, on pourrait diffuser cette photo, avec l'accord du parquet, dans le cadre d'un appel à témoins.Le chef d'escadron Jean-Philippe Teneurà France Bleu Nord

Les gendarmes ont à cœur de percer le mystère : "les personnes qui ont eu à connaître la disparition d'un proche peuvent être nourris de beaucoup d'espoirs. Donner un nom à ce squelette permettrait à sa famille de faire le deuil, parce que ce n'est pas facile de faire son deuil sans avoir accès au cadavre".

Le squelette à la robe de chambre est, pour l'instant, ce qu'on appelle un cadavre sous X. Un élément sera peut-être déterminant : il y avait aussi un pacemaker près des ossements, ce qui permettra peut-être de faire avancer l'enquête.

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