Risques de la navigation en mer en été : "La Méditerranée est traître"

Image d\'illustration de la Societe Nationale de Sauvetage en Mer
Image d'illustration de la Societe Nationale de Sauvetage en Mer (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Jean-Luc Cercio, président des Sauveteurs en mer de Bandol (Var) et administrateur national de la Société nationale des sauveteurs en mer, a alerté sur franceinfo des dangers de la mer Méditerranée.

"La Méditerranée est traître", a estimé samedi 4 août sur franceinfo Jean-Luc Cercio, président des Sauveteurs en mer de Bandol dans le Var, alors que la saison touristique représente une forte période d'activité pour la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM). "La Méditerranée n'est pas un lac", a-t-il rappelé.

franceinfo : Est-ce que l'été est une période particulièrement chargée et si oui pourquoi ?

Jean-Luc Cercio : Les deux mois d'été représentent pratiquement 80% de nos interventions annuelles. Nous réalisons une centaine d'interventions par an et pratiquement tout se passe pendant ces deux mois, de jour comme de nuit. La Méditerranée est traître. Au niveau des conditions météo, il y a beaucoup de variations qui sont très rapides. Le Mistral est traître, la mer est courte et tous les ans le vent tue en Méditerranée, si on peut dire. La Méditerranée n'est pas un lac.

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre pour éviter les incidents ?

Il y a des précautions à prendre avant de prendre la mer et pendant la navigation. On se rend compte, pendant nos interventions, qu'il y a des bateaux qui n'ont pas été vérifiés après un hivernage. Ils ne sont pas en état de naviguer et se retrouvent facilement en panne mécanique ou électrique. Ça nous impose d'aller les chercher parce qu'en mer la moindre dérive avec du vent rapproche les gens dangereusement de la terre et il y a de vrais risques. Il faut également contrôler tous les équipements de sécurité et connaître la place et le fonctionnement de tous ses équipements en cas de besoin. On se rend compte que lorsqu'il y un skipper qui tombe à la mer, c'est pratiquement la fin du monde parce que toutes les autres personnes ne sont même pas capables de se servir de leur téléphone. Ils ne connaissent pas le numéro de secours en mer, qui est le 196. (...) Il faut aussi se servir d'une VHF sur le canal 16. Il faut des moyens de communication fiables et savoir s'en servir.

En ces temps de canicule, est-ce que certains dangers changent ? Par exemple, est-ce qu'il faut prendre un peu plus d'eau ?

A bord d'un bateau, il faut toujours avoir un minimum pour la survie, c'est-à-dire des boissons, de la nourriture, une pharmacie et des vêtements de protection. Être torse nu, sans casquette ni lunettes toute une journée avec le soleil que nous avons actuellement, c'est dangereux sur la plage mais aussi en mer. Parfois, on ne s'en rend pas compte avec la petite brise marine mais on prend vraiment le soleil. Enfin, il faut également vérifier la météo avant de prendre la mer. C'est très important. On trouve la météo sur tous les supports, sur Internet, le téléphone, la capitainerie, le Cross, le sémaphore. Parfois, quand on sort il y a du soleil et immédiatement, quand on sort de certaines pointes, il y a des creux de près de deux mètres. Là, c'est la fin du monde pour les petits bateaux.

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