Baignade interdite en rivières et canaux : "Les 15-24 ans payent, de très loin, le plus lourd tribut aux accidents"

Des jeunes s\'amusent à sauter dans une rivière à Saint-Jean d\'Arvey, en Savoie (photo d\'illustration).
Des jeunes s'amusent à sauter dans une rivière à Saint-Jean d'Arvey, en Savoie (photo d'illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Les fortes chaleurs incitent les jeunes à plonger ou nager dans des canaux et des rivières sans se douter à quel point ils risquent leur vie. Les Voies navigables de France ont lancé une campagne de sensibilisation pour informer sur ces dangers.

Avec les fortes chaleurs en France, certains prennent des risques et se baignent dans des endroits interdits, comme dans les canaux et les rivières. Pourtant, chaque année, plus de 20% des noyades accidentelles ont lieu en cours d'eau ou sur des plans d'eau. Cela représente 40% des noyades mortelles et les jeunes sont particulièrement visés : "Les 15-24 ans paient le plus lourd tribut aux accidents", alerte lundi 10 août sur franceinfo Thierry Guimbaud, directeur général de Voies navigables de France (VNF), chargé de gérer la majeure partie du réseau.

franceinfo : Vous lancez une campagne de sensibilisation aux dangers de la baignade dans les canaux et les rivières, nommée "Coule pas ton été". Pourtant, certains Français continuent de se baigner dans des endroits où la baignade est interdite. Est-ce que cela vous désole un peu ?

Thierry Guimbaud : Évidemment, ça me désole. Mais je pense que les messages passent progressivement. Ce qui me plaît, c’est de voir ces canaux utilisés comme des lieux de détente et de loisir. Il y a beaucoup de choses à faire sur ce domaine, que ce soit des balades en bateau, pique-niquer au bord, faire des randonnées à vélo, des randonnées pédestres, équestres… Par contre, la baignade est effectivement interdite. Elle n'est pas interdite pour le principe, pour le bonheur, pour le plaisir. Elle est interdite parce qu'elle est dangereuse et on sous-estime ses dangers. Rien n'est plus simple, bucolique, calme qu'une rivière quand celle-ci est équipée d'installations pour permettre sa navigation, des barrages, des écluses, des installations pour guider les bateaux au fil de l'eau. Mais tout ceci présente autant de dangers.

Quels sont les comportements dangereux à éviter ?

Le premier motif de danger est le plongeon. Notre devoir, c’est de cibler beaucoup des populations 15-24 ans, qui sont celles qui prennent en général beaucoup de risque comportemental.

Notre campagne vise des 15-24 ans qui ont tendance, par défi ou par plaisir, à plonger d'un pont dans un canal. Or, il faut savoir qu'un canal, suivant les cas, ça peut ne pas être plus profond que deux mètres. Thierry Guimbaud, directeur général de VNFà franceinfo

Et dans certains cas, c'est évidemment totalement insuffisant pour la réception correcte de quelqu'un qui plonge dans ces eaux. Le deuxième motif de danger, c'est évidemment de nager à proximité d'installations et on ne peut pas toujours les deviner. Ces installations, que ce soit des barrages, ou des écluses, provoquent des remous importants qu'on voit très peu à la surface. Il faut réussir à convaincre, notamment les 15-24 ans, qui payent le plus lourd tribut aux accidents sur notre domaine, et de très loin.

Avons-nous tendance à sous-estimer ces dangers ?

Oui, évidemment, parfois l'endroit est très bucolique, il fait chaud, c'est très agréable. Mais derrière, il y a des dangers. Notre message n'est pas d'être angoissant à l'extrême. Nous sommes pour le tourisme sur la voie d'eau, sur nos 6 700 km. C’est quelque chose d'extrêmement important, surtout dans la période actuelle de grandes chaleurs. Il n'y a pas d'accrochage avec les baigneurs, lorsqu’on leur explique cela, même si ça peut arriver. Il y a parfois des moments de tension, notamment avec des populations jeunes qui veulent tout à fait légitimement s'amuser. Mais je pense que la voie d'eau pour la baignade n'est pas un lieu d'amusement. Il faut en être conscient. Notre ambition est de prolonger notre campagne dans le temps pour gagner progressivement.

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