VIDEO. Migrants : Michel Vauzelle dénonce le manque d’exemplarité de l’Europe

FRANCE 2

Invité sur le plateau de "Mots croisés" le lundi 1er juin, le député PS Michel Vauzelle a exprimé sa solidarité envers les migrants clandestins venus de Méditerranée. Selon lui, l’Europe a un devoir moral et doit venir en aide à l’Italie et la Sicile. Extrait.

Alors même que mardi 2 juin, un campement de 350 migrants clandestins a été délogé sous le pont du métro La Chapelle, à Paris, Michel Vauzelle, député PS des Bouches-du-Rhône invité sur le plateau de Mots croisés lundi soir, a tenu à rappeler le devoir moral de l’Europe dans la crise des migrants. Quel rôle pour la France ? Quel rôle pour l'Union européenne ? 

La solidarité, un écho à l’esprit du 11 janvier ?

Le député PS et vice-président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale estime que la réaction des Français suite aux récents naufrages en Méditerranée a révélé un sentiment de solidarité et un soutien indissociables des événements de janvier 2015"Je dirai que c’est la répétition de l’esprit du 11 janvier des Français qui n’ont pas supporté, à un moment, de voir que dans un bateau, il y avait 800 morts, et qui se sont retournés vers ce qui est leur morale", a-t-il déclaré. Il s’agit selon lui d'une "réaction humaine" de solidarité. Et d’ajouter : "Je pense qu’il y a un esprit de refus de voir une Europe donneuse de leçons, incapable de s’entendre sur une politique généreuse."

De Mare Nostrum à Triton, des opérations  insatisfaisantes 

Michel Vauzelle pointe notamment du doigt la prise en charge de l’opération Mare Nostrum par l’Italie seule, sans l’aide des autres membres de l'Union. Une opération trop lourde pour un seul pays et qui a été remplacée, le 1er novembre, par l’opération Triton, coordonnée par Frontex, l'Agence européenne de sécurité aux frontières. Son but était de soutenir l’Italie à faire face à l’afflux de migrants par voie maritime. Mais le scepticisme se fait entendre depuis la mise en place de cette nouvelle opération, car force est de constater que l'Europe a drastiquement réduit son dispositif de secours. Avec un budget très inférieur à celui de Mare Nostrum, les résultats de l'opération Triton sont critiqués, et parfois jugés inefficaces. Les naufrages, eux, n’ont pas cessé, et la mer Méditerranée se transforme en cimetière marin.

Le député PS pointe du doigt les limites de l’opération Triton, qui va à l'encontre du devoir de tout marin de venir en aide à un naufragé : "Si la main est arabe ou noire, chrétienne ou musulmane, [il faut] d’abord tirer la personne de l’eau et l’empêcher de mourir. Ça, c’est quand même le rôle de l’Europe quand ces personnes arrivent en face des côtes siciliennes."

Enfin, il évoque la situation pénalisante de l’île de Lampedusa, face à la Tunisie et à la Libye, et exprime sa volonté de ne pas la laisser seule gérer ces vagues de migrants. Il conclut : "C’est insupportable de donner ce spectacle d’une Europe indifférente qui laisse l’Italie et la Sicile se débrouiller toutes seules."

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