Des victimes du "Concordia" dénoncent le "chantage" de Costa

Quelques heures après le naufrage, les passagers du \"Concordia\" arrivent au port italien de Santo Stefano, le 14 janvier 2012.
Quelques heures après le naufrage, les passagers du "Concordia" arrivent au port italien de Santo Stefano, le 14 janvier 2012. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Un accord validé vendredi entre Costa Croisières et une associaton de consommateurs a été rejeté mardi par un collectif de victimes. Le texte prévoit un dédommagement contre l'abandon de toute poursuite pénale contre la compagnie.

La Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs (Fenvac) a qualifié mardi 31 janvier de "chantage" la proposition d'indemnisation faite par Costa Croisières. La compagnie demande aux naufragés du Concordia de renoncer à toute plainte au pénal en échange d'une indemnisation forfaitaire. 

11 000 euros contre l'abandon des poursuites

L'accord signé vendredi 27 janvier entre Costa, propriétaire du Concordia, et l'Adoc, une association de consommateurs italienne, prévoit un dédommagement forfaitaire de 11 000 euros par personne. Les enfants seraient indemnisés à la même hauteur que les adultes, y compris ceux qui n'avaient pas payé de billet, soit environ 3 000 passagers issus de 60 pays. Les victimes qui accepteront l'offre devront renoncer à toute poursuite envers la compagnie. 

Les biens perdus par les passagers, mais aussi les souffrances psychologiques liées au naufrage, sont pris en compte dans cette somme.

Des victimes dénoncent "un chantage"

Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fenvac, a indiqué que les victimes du naufrage avaient reçu lundi la quittance que la compagnie leur demande de signer avant le 14 février en échange de l'indemnisation"C'est la première fois que l'on empêche d'aller au pénal en tant que partie civile, a-t-il déclaré, émettant un doute sur la légalité d'une telle exigence. C'est un chantage fait aux passagers car on leur demande d'accepter tout ou rien."

"Ce qui nous choque, c'est le délai, cette volonté d'aller vite", a ajouté Stéphane Gicquel, observant que des passagers étaient toujours portés disparus. "Clairement, Costa ne veut pas laisser aux gens le temps de réfléchir. Pourquoi leur mettre cette pression supplémentaire ?" a-t-il interrogé.

Les associations de consommateurs divisées

L'association de consommateurs italienne Codacons a refusé de signer l'accord du 27 janvier et a recommandé aux passagers, dès vendredi, de ne pas l'accepter. Codacons est en train de monter une action en plainte collective à Miami (Etats-Unis), contre la société mère de Costa, Carnival, premier croisiériste mondial, avec l'intention de réclamer 125 000 euros par passager.

De son côté, le président de l'Adoc, Carlo Pileri, a estimé qu'"environ 85 % [des passagers] [allaient] adhérer à cet accordC'est un accord démocratique qui ne fait pas de distinction entre les catégories sociales ou les pays d'origine, il est valable dans le monde entier et Costa le diffusera dans toutes les langues."

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