Les cinq récits du naufrage du "Costa Concordia" les plus marquants

Les passagers du \"Costa Concordia\" s\'apprêtent à évacuer le navire, le 13 janvier 2011. 
Les passagers du "Costa Concordia" s'apprêtent à évacuer le navire, le 13 janvier 2011.  (SKY TV ITALY / AFP)

Trois jours après l'échouage du bateau de croisière au large de l’Italie, des passagers et des membres d’équipage livrent des anecdotes et des témoignages autour du drame.

Chaque jour apporte son lot de révélations autour du naufrage du Costa Concordia, au large de l’Italie, vendredi 13 janvier. Alors que l’enquête progresse sur les circonstances de l’accident, qui a fait au moins six morts et quatorze disparus, FTVi revient sur les cinq témoignages les plus marquants. 

• Le commandant de bord : "Antonello, viens voir, nous sommes tout près de ton Giglio"

Le commandant du bateau de croisière aurait-il péché par amitié ? Selon Il Corriere della Sera, Francesco Schettino se serait rapproché des côtes pour faire plaisir au responsable des serveurs, Antonello Tievoli, originaire de l’île du Giglio. "Antonello, viens voir, nous sommes tout près de ton Giglio", lui aurait-il lancé, juste avant l’impact avec le rocher. "Attention, nous sommes extrêmement près de la côte", l’aurait alerté Antonello Tievoli, monté sur le pont supérieur pour apercevoir son île. Le chef des serveurs a livré son témoignage aux garde-côtes et devrait le répéter aux carabiniers.

• Les membres d'équipage qui se signent : "Là, on s’est dit qu’ils ne devaient pas faire ça tous les jours"

Difficile d’être rassuré dans ces conditions. Un couple de Français, de retour dans l’Allier sain et sauf, a raconté à France 3 les conditions dans lesquelles les passagers ont été évacués du navire après l’impact. Et visiblement, l’équipage n’était pas préparé à un incident de cette ampleur. "Personne n’organisait plus rien sur le bateau et quand on est rentré dans la chaloupe, on voyait le personnel se signer, témoigne Yoann Laurent. Là, on s’est dit qu’ils ne devaient pas faire ça tous les jours."

FRANCE 3

• La musique du film "Titanic" passait dans le restaurant juste avant le naufrage

C’est ce que rapporte un passager suisse à la Tribune de Genève. Selon Yannick Sgaga, un des restaurants du Costa Concordia diffusait la chanson du film Titanic de James Cameron, My Heart Will Go On (interprétée par Céline Dion), juste avant le naufrage. "Les images du film Titanic sont plus réalistes qu'on ne l'imagine. Elles me venaient sans arrêt en tête", se souvient-il. De l’avis d’un autre rescapé, "l'évacuation a été une catastrophe dans la catastrophe". "Jamais dans ma vie je n'avais vu pareille démonstration d'incompétence, d'inconscience et d'irresponsabilité", s’énerve Georg Linsi dans la Tribune de Genève.

• Le couple rescapé après trente heures passées dans sa cabine : "Lorsque nous nous sommes réveillés, le bateau penchait"

Ils se sont promis, s’ils s’en sortaient, "d’avoir une belle vie ensemble". Un jeune couple sud-coréen en voyage de noces à bord du Costa Concordia s'est retrouvé coincé dans sa cabine pendant trente heures après le naufrage. "Lorsque nous nous sommes réveillés, le bateau penchait", a raconté Han Ki-Deok, 29 ans. Dans l’impossibilité de quitter leur cabine, l’inclinaison du couloir étant trop forte, les deux jeunes mariés ont attendu dans le noir et le froid, vêtus d’un gilet de sauvetage et se nourrissant de biscuits et d'eau. Après avoir crié et soufflé dans leurs sifflets sans relâche, ils ont fini par voir arriver les secouristes.

• L’officier-héros : il sauve des dizaines de passagers avant de tomber dans un trou

Le commissaire de bord Manrico Giampietroni apparaît comme LE héros du naufrage. A minuit, après avoir sauvé des dizaines de passagers, il appelle sa femme avec son portable pour la rassurer : "Reste calme, je suis en train d'installer les passagers sur les canots puis je m'occuperai de moi." Mais alors qu’il est en train d’atteindre la passerelle de commandement, l’officier de 57 ans chute dans un trou. "J'ai dû tomber de quatre ou cinq mètres et j'ai senti une grande douleur à la jambe", a-t-il raconté à La Repubblica. Il s’aperçoit alors qu'il est dans le salon restaurant "avec l'eau qui commence à monter". Il se hisse sur une table. "J'étais dans le noir, terrorisé d'être tout seul dans l'obscurité même si je n'ai jamais perdu espoir." Trente-six heures plus tard, les sauveteurs le récupèrent transi de froid, mais vivant. Le "héros" s’en sort avec une fracture ouverte.

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