Costa Croisières accuse le commandant d'avoir commis des "erreurs"

Francesco Schettino, le commandant du \"Costa Concordia\", le bateau de croisière naufragé le 13 janvier, escorté par un policier italien, le 14 janvier 2012 à Grosseto (Italie).
Francesco Schettino, le commandant du "Costa Concordia", le bateau de croisière naufragé le 13 janvier, escorté par un policier italien, le 14 janvier 2012 à Grosseto (Italie). (ENZO RUSSO / AFP)

La compagnie propriétaire du paquebot naufragé juge que le commandant "a commis des erreurs de jugement qui ont eu de graves conséquences".

Le bilan du naufrage du paquebot italien Costa Concordia s'est alourdi à six morts et quatorze disparus, lundi 16 janvier. Sur les 462 Français ayant embarqué, quatre sont toujours recherchés par les autorités. Au moins deux ont péri. 

Lors d'une conférence de presse où il est apparu très ému, Pier Luigi Foschi, le patron de Costa Croisières, la compagnie propriétaire du bateau, a déploré lundi 16 janvier une erreur humaine "impondérable" du commandant du navire, Francesco Schettino, dont il s'est officiellement "dissocié". Selon lui, la trajectoire qu'a décidé de prendre le commandant était "une initiative de sa volonté, contraire aux règles écrites, certifiées" par la compagnie.

EVN

"De très graves accusations"

La veille déjà, Costa Croisières avait accusé le commandant d'avoir commis des "erreurs", tant dans la route du navire que dans la gestion de l'urgence. "De très graves accusations pèsent" sur Francesco Schettino, a rappelé le leader européen des croisières. Accusé notamment d'homicides multiples et d'abandon du navire, ce commandant a été placé en détention à Grosseto (Italie).

La compagnie, basée à Gênes, affirme toutefois que le commandant avait suivi toutes les formations continues adéquates, tout comme les membres d'équipage et même les passagers, soumis à un exercice d'évacuation dans les 24 heures qui suivent l'embarquement.

A seulement 150 mètres du rivage

"La route suivie par le navire n'était pas la bonne", a indiqué le procureur de Grosseto, Francesco Verusio, en charge de l'enquête. Le commandant "s'est approché de manière très maladroite de l'île du Giglio, a heurté un rocher qui s'est encastré dans le flanc gauche, faisant s'incliner [le navire] et embarquer énormément d'eau en l'espace de deux, trois minutes", a-t-il ajouté. Le ministre de la Défense, l'amiral Giampaolo Di Paola, a déclaré : "C'est une grosse erreur humaine qui a eu des conséquences dramatiques."

D'après les premiers éléments tirés de la boîte noire, le navire était à "seulement 150 mètres du rivage, une distance incroyablement proche", selon le procureur. Selon certains, le paquebot effectuait une sorte de parade surnommée l'inchino (la révérence), toutes lumières allumées et à grand renfort de sirènes pour saluer les 800 habitants du Giglio, ce que tente de confirmer la justice. Selon le journal italien Corriere della Sera (article en italien), le commandant du Costa Concordia aurait voulu faire plaisir à un maître d'hôtel originaire de l'île.

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