"Costa Concordia" : face au risque de pollution, la France propose son aide

Le \"Costa Concordia\" échoué près de l\'île du Giglio, le 17 janvier 2012.
Le "Costa Concordia" échoué près de l'île du Giglio, le 17 janvier 2012. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, propose de faire profiter l'Italie de l'expertise et du matériel français. alors que les autorités locales craignent une marée noire.

Les 2 300 tonnes de carburant que renferment les soutes du Costa Concordia inquiètent les autorités, quatre jours après le naufrage du navire de croisière au large de la Toscane, en Italie. Face aux incertitudes, la France a proposé son aide aux autorités italiennes.

Pomper le carburant : une urgence

Afin de permettre le renflouement du bateau, mais aussi pour éviter une catastrophe écologique, la priorité est de récupérer le carburant du bateau. Le pompage du carburant devrait prendre "au moins trois semaines", a annoncé le directeur exécutif de Royal Boskalis, la maison mère de la société néerlandaise chargée de l'opération. Si la houle, qui a forci, devait faire couler l'épave ou rompre sa coque, son propriétaire, le groupe américain Carnival (dont Costa est une filiale), n'aurait plus aucun espoir de renflouer ce paquebot. Et les dégâts environnementaux seraient considérables.

Car l'île du Giglio, au large de laquelle s'est produit l'accident, est située dans un parc national aux eaux limpides. Le ministre italien de l'Environnement, Corrado Clini, a déclaré qu'il allait décréter l'état d'urgence, pour mobiliser un maximum de moyens, étant donné le risque de fuites de carburant. "Le risque environnemental pour l'île du Giglio est très, très élevé [...]. L'objectif est d'éviter une fuite, et nous y travaillons." Pour l'instant, aucune trace de carburant n'a été décelée dans les eaux au large de l'île du Giglio, a-t-il dit à la télévision italienne. Outre l'île du Giglio, c'est toute la côte toscane, lieu hautement touristique, qui est potentiellement menacée.

• La France propose son expertise

L'expérience française en matière de marée noire pourrait s'avérer utile aux autorités italiennes. C'est l'avis de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre française de l'Ecologie. Le 17 janvier, elle indique que Paris a proposé "son soutien en termes d'évaluation et d'expertise d'une part, et de matériel d'autre part".

Le Cedre (Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) de Brest, créé en 1978 après le naufrage du pétrolier Amoco Cadiz, pourrait ainsi être mobilisé. L'expertise du Cedre est "reconnue au niveau international", selon la ministre.

La France se propose également d'envoyer des barrages flottants et des produits dispersants, des équipements stockés dans quatre sites en Méditerranée (Marseille, Toulon, Sète et Berre). Une décision sur cette coopération franco-italienne doit être prise dans l'après-midi du 17 janvier.

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