"Concordia" : des Français poursuivent Costa Croisières aux Etats-Unis

L\'épave du \"Costa Concordia\", le 31 janvier près de l\'île du Giglio.
L'épave du "Costa Concordia", le 31 janvier près de l'île du Giglio. (PIER PAIOLO CITO / AP / SIPA)

Une cinquantaine de victimes françaises du naufrage se seraient jointes à la plainte déposée par des avocats américains. Ils leur promettent une indemnisation dix fois supérieure à celle offerte par Costa.

Une cinquantaine de victimes françaises du naufrage, le 13 janvier, du Costa Concordia, auraient décidé de se joindre à la procédure de class action lancée aux Etats-Unis, qui vise à obtenir plus de 375 millions d'euros de la compagnie Costa Croisières. C'est en tout cas ce que revendiquent les avocats du cabinet américain à l'origine de la plainte, venus vendredi 2 mars à Paris pour tenter d'associer davantage de plaignants français.

De 100 000 à 700 000 euros par victime

Après le naufrage du Costa Concordia dans les eaux italiennes, qui a fait 25 morts et sept disparus parmi les 4 229 passagers et membres d'équipage à son bord (dont 462 passagers français), le croisiériste a proposé 11 000 euros d'indemnisation par victime, pour couvrir notamment la perte des bagages ou le préjudice moral, en échange d'un renoncement à toute action judiciaire. Mais le cabinet Ribbeck Law Chartered, situé à Chicago, a déposé en janvier une plainte en nom collectif (class action) et promet une indemnisation bien supérieure. Le cabinet américain dit représenter 200 passagers et membres d'équipages du navire.

"Selon l'évaluation de Ribbeck, une victime qui a juste eu à subir le naufrage peut espérer entre 100 000 et 150 000 euros aux Etats-Unis", a déclaré à l'AFP maître Frédéric Casanova, un avocat toulonnais qui représente environ 70 victimes françaises, dont 12 ont fait le choix de se joindre à la procédure américaine. "La somme peut monter à 700 000 euros si la victime a perdu un proche", a-t-il ajouté.

Pour une justice "plus effective et plus rapide"

Cette méthode, inédite en France, offre également l'avantage de la rapidité, pour ceux qui refuseraient les 11 000 euros proposés par Costa. "On part pour quinze ans de procédure en Italie ou en France, alors qu'aux Etats-Unis, cela peut être réglé, judiciairement ou par transaction, en un an et demi", affirme Me François Toucas, dont plusieurs clients ont également opté pour la procédure américaine d'indemnisation.

Manuel von Ribbeck, représentant du cabinet américain, dit espérer 25% de pourcentages de gains. En cas d'échec, il ne facturera rien aux plaignants, affirme-t-il. Les avocats français qui s'associent à cette démarche ont assuré que leur objectif n'était pas de gagner de l'argent, et ont nié tout "marchandage et racolage". Ils disent vouloir une justice plus efficace et plus rapide.

Incertitude sur les responsabilités

La justice pénale italienne et le parquet de Paris conduisent déjà des enquêtes sur le naufrage du paquebot. Manuel von Ribbeck a expliqué, jeudi 1er mars, qu'il entendait démontrer la responsabilité de la société, notamment sur la procédure dite de l'inchino, la "révérence", qui consiste à approcher les bateaux des côtes. Il a mis aussi en cause les procédures d'évacuation du navire, qui ont pris plusieurs heures alors que la durée légale est, selon lui, très inférieure.

La justice italienne a placé d'abord en détention, puis assigné à résidence, le commandant du Costa Concordia, Francesco Schettino, accusé d'avoir provoqué l'accident en approchant de trop près les côtes de l'île du Giglio. Il a été inculpé d'homicides multiples et d'abandon de poste, mais conteste ces accusations en expliquant qu'on lui avait demandé de faire l'inchino. La procédure judiciaire devra donc s'attacher à savoir si cette pratique était courante et juger de la responsabilité du capitaine et de la société.

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