Chevaline. La presse britannique se lance aux trousses du "tueur des Alpes"

Pour expliquer le drame de Chevaline (Haute-Savoie), la presse britannique multiplie les hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues.
Pour expliquer le drame de Chevaline (Haute-Savoie), la presse britannique multiplie les hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues. (MONTAGE / FTVI)

Le quadruple meurtre de Chevaline (Haute-Savoie) inspire la presse britannique, qui multiplie les hypothèses alors que les enquêteurs peinent à progresser.

FAIT-DIVERS – Drame familial ? Crime crapuleux ? Le mobile du quadruple meurtre de Chevaline (Haute-Savoie) reste encore inconnu. "Les experts espèrent que les douilles mèneront au tueur des Alpes", titre le Guardian, vendredi 7 septembre. En attendant, la presse britannique multiplie les hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues.

La veille, Bernard Lebrun, envoyé spécial de France 2 à Londres, faisait part de l'émotion suscitée par le drame en Grande-Bretagne. 

France 2

Quelles sont les théories avancées par la presse britannique pour expliquer le quadruple meurtre ? Revue de presse avec FTVi.

Un désaccord sur un héritage familial 

C'est la principale information du jour. Le Times (article payant, en anglais) retient la piste d'un "désaccord sur un héritage familial" entre Saad Al-Hilli, le conducteur abattu, et son frère. Le procureur d'Annecy (Haute-Savoie), Eric Maillaud, a avancé cette nouvelle piste au cours d'un entretien avec le quotidien britannique, publié vendredi. Cette piste est d'autant plus prise au sérieux qu'elle repose sur des informations communiquées par la police britannique.

"Comme vous le savez, le frère s'est présenté spontanément à la police britannique et pour le moment nous n'avons absolument aucune preuve qu'il était en France au moment du meurtre. Nous chercherons à vérifier", explique le procureur, qui précise que le frère sera "longuement interrogé". Eric Maillaud s'est toutefois montré prudent, car il est difficile d'imaginer comment une querelle familiale a pu "passer d'un différend financier à un quadruple meurtre". Le Daily Mirror (en anglais) ajoute que "M. Al-Hilli était récemment engagé dans un âpre conflit juridique sur un héritage de plus de 1,2 million d'euros".

Le tabloïd a interrogé Jack Saltman, un ancien journaliste de 67 ans, voisin de la victime. Saad Al-Hilli "avait de la famille en Irak et je sais qu'il était inquiet pour leur sécurité et leur parlait au téléphone", a-t-il déclaré.

Un vol de voiture qui aurait mal tourné

Plusieurs quotidiens retiennent la piste d'un vol de voiture (car-jacking) qui aurait mal tourné, comme le Daily Mirror ou le Telegraph (en anglais), qui assure que la famille a pu être visée car elle se trouvait à bord d'une BMW coûteuse, "avant d'être piégée et que le vol ne tourne au meurtre". Quant au cycliste lui aussi tué, "il a peut-être essayé d'intervenir quand il a vu le vol à main armée se dérouler", poursuit le quotidien.

Le Times est sceptique sur cette version. Le quotidien britannique rappelle que les victimes ont été abattues d'une balle dans la tête, ce qui semble privilégier "la piste d'un crime organisé plutôt que d'un car-jacking bâclé ou d'un vol à main armée".

Le père au cœur d'un enjeu entre Israël et l'Iran

Le Daily Mirror n'a pas peur de lancer une autre piste, avançant que les enquêteurs se pencheraient sur les liens entre Saad Al-Hilli et l'ancien dictateur irakien, Saddam Hussein. Selon le quotidien, qui a interrogé des voisins, la victime serait arrivée en Grande-Bretagne avec ses parents en 2002, après avoir fui le pays à cause du régime. 

Un autre tabloïd, le Sun (en anglais), échaffaude une autre théorie, qu'il juge lui-même "bizarre""Saad a été assassiné après avoir travaillé sur le programme nucléaire de Saddam Hussein avant de quitter l’Irak en 2002. Israël le visait, de peur que ses connaissances puissent servir à l'Iran". Dans cette version, Saad Al-Hilli était donc en bons termes avec le régime. Des récits pour le moins contradictoires. 

Mais l'AFP affirme que Saad Al-Hilli aurait quitté l'Irak dès 1970 "pour des raisons politiques". Une information corroborée par le Guardian, qui assure, après avoir interrogé plusieurs voisins, que "Saad vivait depuis vingt ans dans le village de Claygate, à une trentaine de kilomètres de Londres".

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