Procès en appel de Francis Heaulme : la sœur du tueur multirécidiviste demande à la justice de trouver "le vrai coupable"

Le procès en appel de Francis Heaulme, pour le double meurtre de Montigny-les-metz en 1986, a démarré le 4 décembre 2018.
Le procès en appel de Francis Heaulme, pour le double meurtre de Montigny-les-metz en 1986, a démarré le 4 décembre 2018. (CÉCILE SOULÉ / FRANCE-BLEU LORRAINE NORD)

Christine Heaulme était entendue par la cour dans le procès de son frère, jugé en appel pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986.

Depuis le début, il dit la même chose : "Montigny, c'est pas moi". Sauf que la parole du tueur en série Francis Heaulme est extrêmement particulière. Tout l'accuse dans cette affaire, ce double meurtre d'enfants commis à Montigny-lès-Metz en 1986, pour lequel Patrick Dills a été emprisonné, puis innocenté. Francis Heaulme, qu'on surnomme aussi "le routard du crime" est de retour devant la justice pour son procès en appel, après avoir été condamné à la perpétuité en première instance.

Mercredi 5 décembre, la cour s'est penchée sur la vie du tueur multirécidiviste : elle a notamment entendu la sœur de Francis Heaulme, 52 ans, entendue par visio-conférence. Elle prévient d'emblée qu'elle espère que ce sera "la dernière fois". "C'est long pour les familles, pour moi aussi", explique-t-elle. 

Je sais que mon frère est innocent, beaucoup de monde a du mal à le croire. Je lui ai beaucoup parlé ces dernier mois, il m'a dit des choses avant, je le croisChristine HeaulmeSœur de Francis Heaulme

Un père très strict, une mère aimante

Christine Heaulme raconte leur enfance, un père très strict, dont elle a dû subir des attouchements, un homme qui humiliait son frère, le frappait. Et la mère, aimante, celle que Francis Heaulme décrit comme "une sainte", décédée d’un cancer en 1984. Le premier meurtre pour lequel le tueur est condamné a lieu moins d’un mois plus tard. "Je n’aurais jamais dû quitter mon frère, regrette Christine Heaulme. Je m’en voudrais toute ma vie, je serais toujours là pour toi, Francis"

À plusieurs reprises, le tueur multirécidiviste semble ému. Les avocats de la défense boivent du petit lait : la scène redonne un semblant d’humanité à leur client, déjà condamné pour neuf meurtres. Des meurtres que refuse justement d'évoquer Christine Heaulme. "Je ne viens pas aujourd’hui au procès de Montigny-lès-Metz pour qu’on retourne toutes ces histoires", se braque-t-elle. 
 

Je veux savoir la vérité, je ne comprends plus rien à ce procèsChristine HeaulmeSœur de Francis Heaulme

"Tout le monde ment"

La sœur du tueur n'a qu'une seule conviction, sur laquelle elle insiste : "La seule personne qui dit que ce n'est pas lui, on l’accuse. Si on veut en venir là, je trouve que ce procès est injuste, il n'y a aucune preuve aujourd’hui, les preuves ont été détruites", proteste-t-elle, utilisant le même argument que la défense dans son propos liminaire. En effet, tous les scellés ont été détruits en 1995. Quand le président lui demande si elle a quelque chose à ajouter, Christine Heaulme répond simplement : "Trouvez le vrai coupable"

C'est ensuite au tour de Francis Heaulme d’être entendu brièvement avant l'interruption de son procès à la mi-journée. Il répond sans difficulté aux questions sur son enfance, son parcours, puis quand viennent les questions sur le décès de sa mère, le président lui demande si il y a un lien avec le premier meurtre. "Je ne sais pas", répond Francis Heaulme. Le président lui demande ensuite s'il a déjà menti à sa mère, ce à quoi l'accusé, qui nie avoir commis le double meurtre de Montigny-lès-Metz, répond : "Tout le monde ment".

Vous êtes à nouveau en ligne