Double meurtre de Montigny-lès-Metz : Henri Leclaire n'est pas renvoyé aux assises

Henri Leclaire arrive au tribunal de Metz (Moselle), le 5 août 2014.
Henri Leclaire arrive au tribunal de Metz (Moselle), le 5 août 2014. (FRED MARVAUX / AFP)

Le nom de l'ex-manutentionnaire n'a cessé de refaire surface dans le dossier du meurtre  d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining. C'est "la fin d'un long calvaire", commente son avocat.

Le tueur en série Francis Heaulme se retrouvera seul dans le box des accusés. Henri Leclaire n'est finalement pas renvoyé devant la cour d'assises de Moselle dans l'affaire du double meurtre de Montigny-lès-Metz, annoncent plusieurs avocats, jeudi 7 juillet.

Saisie en appel, la chambre d'instruction a renoncé à renvoyer devant les assises l'ex-manutentionnaire de 67 ans, dont le nom n'a cessé de refaire surface dans le dossier du meurtre de deux petits garçons en 1986 à Montigny-lès-Metz. C'est "la fin d'un long calvaire", commente son avocat, Thomas Hellenbrand.

Henri Leclaire avait été le premier à avouer en 1986 le meurtre d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, morts le crâne enfoncé à coups de pierre sur un talus SNCF sur lequel ils jouaient à Montigny-lès-Metz. Mais il s'était rapidement rétracté. Les enquêteurs l'avaient blanchi, relevant des inexactitudes dans ses déclarations. Une reconstitution avait aussi penché en sa faveur, les policiers estimant que sa corpulence l'empêchait de monter le talus.

De nouveaux témoignages en 2014

Francis Heaulme l'avait mis en cause, disant l'avoir vu, ensanglanté, le jour du double meurtre. Et lors du procès du "routard du crime", en 2014, des témoignages de dernière minute avaient à nouveau incriminé Henri Leclaire. Une femme à qui il avait livré ses courses avait notamment assuré qu'il lui avait confié avoir "attrapé" les enfants, mais pas les avoir tués. Le procès avait alors été ajourné.

Francis Heaulme et Henri Leclaire auraient-ils pu commettre le crime ensemble ? La chambre de l'instruction estime qu'il ne s'agit que d'une hypothèse "journalistique" et qu'elle n'a pas à "se prononcer sur une fiction", rapportent les avocats.

Les témoignages qui avaient conduit à la suspension du procès et à une nouvelle mise en examen d'Henri Leclaire ne sont que "des témoignages grand-guignolesques de gens peu sérieux qui sont venus pendant deux ans brouiller les cartes, faire souffrir les parents des victimes", a commenté jeudi ThomasHellenbrand. La décision de ne pas renvoyer Henri Leclaire devant les assises est une bonne nouvelle "pour lui, parce qu'un procès aurait été une épreuve physique. Mais ce qui est dommage c'est que cela a fait perdre un an et demi aux familles", a ajouté l'avocat.