Deux groupuscules d'extrême droite annoncent leur dissolution

Au centre, le président des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, Serge Ayoub, le 8 mai 2011 à Paris.
Au centre, le président des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, Serge Ayoub, le 8 mai 2011 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Leur chef Serge Ayoub a annoncé avoir dissous ces organisations "pour l'honneur, pour ne pas être dissous par d'autres".

Ils ont préféré s'autodissoudre avant que le gouvernement ne prenne sa décision. Le groupuscule d'extrême droite Troisième Voie et son service d'ordre, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), dans le collimateur du gouvernement après l'agression mortelle de Clément Méric, ont annoncé leur dissolution mardi 25 juin.

Pourquoi ces groupes s'autodissolvent-ils ?

"J'ai dissous pour l'honneur, pour ne pas être dissous par d'autres. Ces tartufferies, c'est fini", a déclaré leur chef, Serge Ayoub, alias "Batskin". Il précise que la dissolution était enregistrée depuis "une semaine" à la préfecture. Le gouvernement "n'a plus aucune raison de nous dissoudre", ajoute cette figure des skinheads d'extrême droite, aujourd'hui vétéran de la mouvance.

Le gouvernement avait lancé il y a deux semaines les procédures de dissolution de groupes d'extrême droite après la mort du militant antifasciste Clément Méric, le 5 juin, dans une rixe contre des skinheads à Paris.

Les personnes mises en examen après la mort de cet étudiant de Sciences Po âgé de 18 ans, dont l'auteur présumé des coups mortels, sont des sympathisants de Troisième voie. Le gouvernement avait annoncé que les décrets de dissolution devaient être présentés en Conseil des ministres fin juin ou début juillet.

Qui sont Troisième voie et les JNR ?

Avec ses 20 à 30 membres, les JNR forment une sorte de service d'ordre de Troisième voie, créé en 2010 par Serge Ayoub. Crâne rasé, vêtus de noir, les JNR, qui ont participé en mai au traditionnel défilé parisien de l'extrême droite radicale, arborent parfois une devise héritée des fascistes italiens : "Croire, obéir, combattre".

Le 10 juin, Le Monde désignait les JNR comme la "garde rapprochée" de Serge Ayoub, "dévouées à sa personne mais qui ont très peu à voir avec un quelconque militantisme politique". Le quotidien écrivait que c'était à travers Troisième voie, "au recrutement bien peu maîtrisé", que Serge Ayoub avait "choisi de continuer à être roi dans la mouvance violente et incontrôlable des skins".

Quels sont les autres groupes menacés de dissolution ?

La préfecture du Rhône a annoncé parallèlement, mardi, qu'une procédure de dissolution avait été également engagée à l'encontre de deux autres groupes d'extrême droite. Le premier, les Jeunesses nationalistes, qui œuvre dans la région lyonnaise, est dirigé par Alexandre Gabriac, conseiller régional Rhône-Alpes. Il avait été élu sous l'étiquette du Front national avant d'être exclu du parti en 2011.

Le second groupe visé par la préfecture du Rhône est L'Œuvre française, dont le leader, Yvan Benedetti, est conseiller municipal à Vénissieux (Rhône). Lui aussi avait été exclu du FN en 2011.

Ces procédures de dissolution s'ajoutent à une liste de près d'une soixantaine d'organisations ou groupes politiques dissous par le pouvoir depuis 1958. La dernière dissolution remonte à 2012 et concernait un groupuscule islamiste, Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la Fierté").

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