Infanticide de Berck-sur-Mer : Fabienne Kabou condamnée à vingt ans de prison

Fabienne Kabou dans le box de la cour d\'assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais), le 23 juin 2016. 
Fabienne Kabou dans le box de la cour d'assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais), le 23 juin 2016.  (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCETV INFO)

Cette femme de 39 ans était jugée depuis lundi devant la cour d'assises de Saint-Omer pour avoir noyé sa fille de 15 mois sur une plage de Berck-sur-Mer en novembre 2013. 

Le délibéré aura duré un peu plus de trois heures. La cour d'assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais) a condamné Fabienne Kabou, vendredi 24 juin, à vingt ans de prison après l'avoir reconnue coupable d'avoir assassiné sa fille de 15 mois en l'abandonnant sur une plage de Berck-sur-Mer à marée montante en novembre 2013. Une peine au-delà des requisitions de l'avocat général, qui demandait dix-huit ans de réclusion.

Les six jurés et les trois juges, qui ont assorti leur peine d'un suivi psycho-judiciaire avec injonctions de soin, ont retenu l'altération du discernement de l'accusée au moment des faits. Fabienne Kabou est restée immobile à l'énoncé du verdict. 

Deux visions d'une même femme

Tout au long du procès, les débats ont oscillé entre deux visions d'une même femme : celle d'une mère infanticide "menteuse" et "manipulatrice", qui a prémédité son crime de manière froide et utilitaire, et celle d'une mère aimante mais malade, souffrant d'une "psychose délirante chronique paranoïaque". La cour semble avoir penché pour la première option, tout en retenant l'altération, qui ramenait la peine encourue de la perpétuité à trente ans. 

L'avocat général Luc Frémiot, qui ne souscrit pas au diagnostic posé par deux experts-psychiatres à la barre, avait demandé aux jurés de faire appel à leur "logique" et leur "bon sens" dans une affaire qui échappe pourtant à l'entendement. "Vous aviez le masque de l'indifférence et de l'ironie et je ne peux pas le supporter", a-t-il lancé, en regardant l'accusée, impassible dans son box, tête haute et bras croisés.

L\'avocat général Luc Frémiot au procès de Fabienne Kabou, devant les assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais), le 23 juin 2016. 
L'avocat général Luc Frémiot au procès de Fabienne Kabou, devant les assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais), le 23 juin 2016.  (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCETV INFO)

Dans sa plaidoirie, l'avocate de Fabienne Kabou avait au contraire plaidé la folie. "Pourquoi Adélaïde est-elle morte ? Parce que sa mère est folle", a déclaré devant la cour Me Fabienne Roy-Nansion. Un avis partagé par la principale partie civile du dossier, le père de la petite Adélaïde, Michel Lafon. Son avocat, Me Christian Saint-Palais, a exprimé une forme de mansuétude pour Fabienne Kabou, "une femme malade".

"Un verdict qui effraie"

"Vingt-ans pour pour un brin de lucidité, c'est un verdict qui effraie", a réagi l'avocat après l'énoncé du verdict, selon les journalistes présents sur place.  

Selon les psychiatres Daniel Zagury et Maroussia Wilquin, il s'en est fallu de peu pour qu'ils retiennent l'abolition du discernement de Fabienne Kabou, ce qui l'aurait rendue inaccessible à une sanction pénale. "On est sur le fil du rasoir. Mais on observe chez Fabienne Kabou la persistance d’une part du psychisme adapté à la réalité, la persistance d’un débat interne et autocritique", avaient-il expliqué. Cette part d'adaptation au réel a pesé lourd dans la balance, les jurés découvrant dans le box une femme intelligente, tantôt polie, arrogante, aggressive ou indifférente. 

Vous êtes à nouveau en ligne