Fillette morte à Berck : une mère énigmatique, "incapable d'assumer son rôle"

De nombreux anonymes ont participé à une marche blanche, le 30 novembre 2013, pour rendre hommage à la fillette retrouvée noyée à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). 
De nombreux anonymes ont participé à une marche blanche, le 30 novembre 2013, pour rendre hommage à la fillette retrouvée noyée à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais).  (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Fabienne Kabou a livré quelques explications sur les motivations qui l'ont poussée à tuer sa fille. Mais sa personnalité intrigue. 

Elle est "totalement consciente de ce qu'elle a fait", a reconnu les faits et "exprime des remords". Mise en examen pour assassinat, samedi 30 novembre, Fabienne Kabou, la mère d'Adélaïde, la fillette de 15 mois morte noyée à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), intrigue. De nombreuses questions émergent sur cette femme énigmatique, dotée d'une grande intelligence, selon les dires de son avocate. Dont la principale : qu'est-ce qui l'a poussée à commettre un tel geste ?

Aux policiers, cette étudiante en philosophie de 36 ans a expliqué rencontrer des difficultés "dans la prise en charge quotidienne de la fillette, peu compatibles avec sa vie de couple". Selon Le Parisien du dimanche 1er décembre, elle s'est ainsi dit "incapable d'assumer son rôle de mère". Selon les premiers éléments, elle aurait prémédité son geste et déposé son enfant sur la plage de Berck alors que la marée montait. 

L'enfant, obstacle pour le couple ? 

Fabienne Kabou partageait la vie de Michel, un artiste d'une soixantaine d'années, qu'elle avait connu une douzaine d'années auparavant. L'homme est présenté comme le père de l'enfant, née en août 2012, mais il ne l'a pas reconnue, rapporte une source judiciaire citée par le quotidien. Selon le Journal du dimanche, la mère d'Adélaïde, sans travail ni ressources, était "complètement dépendante de son compagnon".

D'après Le Parisien, la relation de Fabienne Kabou et Michel connaissait quelques difficultés. Une source proche du dossier affirme ainsi qu'Adélaïde aurait représenté "un obstacle à la relation intime et artistique du couple". L'avocate de Fabienne Kebou évoque, elle, le contexte de la naissance de l'enfant. "Ma cliente a expliqué que c'était une surprise. Bonne pour elle, mais mauvaise pour son compagnon." 

En face, l'homme, qui a été soumis à un test ADN pour confirmer sa paternité, se dit "effondré" par le geste de sa compagne, dans une interview au Parisien. D'après lui, Fabienne Kabou "avait expliqué qu'elle l'avait confiée pour quelques jours à sa propre mère au Sénégal". "Je l'ai crue", lâche Michel, affirmant n'avoir "jamais abandonné" son enfant. 

Une femme mystérieuse, "dans un isolement total"

La personnalité de Fabienne Kabou est elle aussi nimbée de mystère. C'est "une jeune femme au profil psychologique étonnant, qui s'est expliquée sur son acte, qui dit avoir profondément aimé sa fille", explique, perplexe, son avocate dans le Journal du dimanche

Selon l'avocate, c'est "dans un moment de détresse, de solitude absolue", que la mère est "passée à l'acte". "Elle était dans un isolement total. Il y avait des difficultés dans son couple et elle n'avait aucun lien avec sa famille. (...) Tuer sa fille était devenu la seule issue pour elle." 

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