Essonne : le suspect numéro 1 nie être impliqué dans le premier meurtre

Des policiers se tiennent devant l\'immeuble où a été interpellé Yoni Palmier le 14 avril 2012, à Draveil (Essonne).
Des policiers se tiennent devant l'immeuble où a été interpellé Yoni Palmier le 14 avril 2012, à Draveil (Essonne). (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Yoni Palmier est mis en examen pour les quatre crimes commis avec la même arme dans le département.

Yoni Palmier nie "toute participation" dans le premier des quatre meurtres perpétrés dans l'Essonne depuis novembre 2011. Déjà poursuivi pour les trois autres meurtres de cette série, le suspect n°1 dans cette affaire a de nouveau été mis en examen vendredi 27 avril pour ce premier crime. Il a indiqué "qu'il ne connaissait ni la victime ni Michel Courtois", déjà détenu pour cet homicide, a dit samedi son avocat Me Laurent Servillat.

Les quatre homicides ont été commis avec la même arme dans le département.

Michel Courtois impliqué ?

Nathalie Davids a été tuée par balle le 27 novembre 2011 dans le parking de son immeuble de Juvisy-sur-Orge (Essonne). Pour ce crime, Michel Courtois, l'ex-compagnon de la victime, est détenu depuis décembre à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Il avait avoué les faits à la fin de sa garde à vue, avant de se rétracter. Il clame son innocence mais a cessé sa grève de la faim. Il assure par ailleurs ne pas connaître Yoni Palmier, indique Europe 1.  Son avocat, Yassine Bouzrou, a demandé mardi aux deux juges qui instruisent l'affaire à Evry la mise en liberté de son client, dénonçant un "acharnement".

L'avocate de la famille de Nathalie Davids assure pour sa part qu'"il y a une implication de [Michel] Courtois". D'étranges coïncidences empêcheraient les enquêteurs d'écarter Michel Courtois des quatre meurtres. "Ce qui les frappe, ce sont les dates choisies par le 'tueur de l'Essonne' pour commettre ses trois derniers crimes", croit savoir RTL. Chacun de ces crimes aurait été perpétré quelques heures ou jours après un refus de la justice de remettre en liberté Michel Courtois. Selon la radio, les enquêteurs s'interrogent : "Michel Courtois a-t-il confié son pistolet à Yoni Palmier avant de se faire arrêter ? L'a-t-il appelé depuis sa cellule pour exiger d'allonger la liste des victimes afin de voir sa propre innocence triompher ?"

Me Yassine Bouzrou s'est félicité que "pour la première fois, le juge d'instruction estime que M. Courtois n'est pas le seul suspect au sujet du meurtre de Mme Davids (...). Cette piste aurait dû être officialisée depuis longtemps et je trouve inadmissible qu'on ait attendu si longtemps avant de réaliser cette mise en examen qui semblait évidente. J'espère que cela va accélérer la remise en liberté de mon client", a-t-il ajouté.

L'arme des quatre crimes retrouvée chez Yoni Palmier

Interpellé le 14 avril, Yoni Palmier, 33 ans, né dans le Val-d'Oise et domicilié à Draveil, dans l'Essonne, est déjà mis en examen pour "assassinats" dans le cadre d'une information judiciaire distincte, ouverte pour trois homicides : ceux de Jean-Yves Bonnerue, 52 ans (le 22 février à Juvisy-sur-Orge), de Marcel Brunetto, 81 ans (le 17 mars à Ris-Orangis) et de Nadjia Boudjemia-Lahcene, 48 ans (le 5 avril à Grigny). 

L'enquête a déterminé que la même arme avait été utilisée pour les quatre meurtres, un pistolet semi-automatique de 7,65 mm saisi lors des perquisitions qui ont suivi l'interpellation de Yoni Palmier. La moto utilisée par le tireur, décrite par des témoins, avait également été retrouvée chez lui.